l'essentiel Placée en redressement judiciaire depuis la fin du mois d'avril, l'usine de pâte à papier Fibre Excellence de Saint-Gaudens a obtenu un répit ce jeudi. Si le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé sa liquidation judiciaire, il a aussi autorisé la poursuite de son activité afin de laisser le temps à l'industriel Soprema de présenter une offre de reprise. Une décision qui laisse encore plusieurs semaines pour tenter de sauver le site, avant que son avenir ne soit définitivement tranché. Explications.

Ce n'est pas encore un sauvetage, mais ce n'est pas non plus une fermeture. En décidant la liquidation judiciaire avec poursuite d'activité de l'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, le tribunal de commerce de Toulouse a surtout accordé un dernier délai à un candidat à la reprise.

Pour comprendre cette décision, il faut revenir quelques semaines en arrière. Placée en redressement judiciaire depuis la fin avril, comme l'ensemble du groupe Fibre Excellence, l'usine de pâte à papier de Saint-Gaudens était menacée de disparition. Une première offre de reprise, portée par l'homme d'affaires Matthieu Pigasse, a finalement été rejetée. Alors que l'avenir du site semblait compromis, le groupe alsacien Soprema, spécialisé dans les matériaux d'étanchéité et d'isolation pour le bâtiment, s'est manifesté en déposant une lettre d'intention. Sans constituer une offre de reprise à proprement parler, ce document a convaincu le tribunal de lui laisser le temps de bâtir un projet plus complet.

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Liquidée... mais toujours en activité

À première vue, le terme "liquidation judiciaire" peut laisser penser que l'usine va immédiatement fermer ses portes. Ce n'est pourtant pas le cas. Les quelque 270 salariés conservent leur contrat de travail et l'activité se poursuit. En réalité, c'est avant tout le cadre juridique de l'entreprise qui change afin de permettre l'examen d'une éventuelle reprise. Le tribunal a ainsi considéré qu'il existait encore une possibilité crédible de sauver le site et a préféré laisser une dernière chance au projet de reprise plutôt que d'ordonner un arrêt immédiat de l'activité.

"Aujourd'hui, il y a eu un verdict sur la lettre d'intention qui avait été déposée. Ce verdict, c'est une liquidation judiciaire avec continuité d'activité. Le tribunal a fixé un calendrier et le candidat à la reprise a jusqu'au 24 août à midi pour peaufiner son offre. Au plus tard le 15 septembre, le délibéré sera rendu. C'est quand même une bonne nouvelle", a réagi Nicolas Bruel, représentant des salariés.

Un mois pour convaincre le tribunal

"C'est la condition essentielle pour qu'une offre de reprise puisse être examinée", résume Alix Brenac, mandataire judiciaire. Le candidat à la reprise dispose jusqu'au 24 août à midi pour remettre une offre ferme. Elle sera examinée lors d'une audience fixée au 8 septembre, avant une décision attendue dans les jours suivants. D'ici là, le chômage partiel devrait être renouvelé et l'activité se poursuivre.

Pour les salariés, l'attente continue donc, entre soulagement et prudence. Le campement installé devant l'usine sera levé vendredi après-midi, mais la mobilisation ne s'arrête pas. Les représentants du personnel souhaitent renforcer la présence de salariés volontaires, rémunérés, la nuit et les week-ends afin d'assurer la sécurité du site après plusieurs intrusions. "Les salariés restent mobilisés et ne baisseront pas la garde", assure la CGT, qui voit dans ce sursis une ultime occasion de préserver les emplois et l'activité de l'usine.