Au niveau national, trois ménages sur quatre possèdent au moins une voiture. Pour 22,4% d'entre eux, soit 4,7 millions de foyers, cela représente plus d’un mois de salaire en carburant sur l’année, selon une étude de l’Insee publiée le 8 septembre dernier et sur la base de la hausse des prix des carburants en 2026. Mais selon son lieu de résidence, on est plus ou moins exposé à ces hausses de tarifs.

Le principal facteur de cette surexposition aux prix des carburants reste le trajet domicile-travail (plus de 40% des distances parcourues pour les personnes en emploi). Mais d’autres paramètres s’ajoutent comme l’accessibilité à des services (supermarché, boulangerie, école, etc.) ou aux transports en commun. « Ainsi, seulement 9% des ménages avec voiture sont particulièrement exposés dans les intercommunalités urbaines, contre 13,5% dans celles rurales et même 16,7% dans celles qui sont éloignées de l’influence des agglomérations. »

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Un ménage sur cinq près de Pradelles en Haute-Loire

Dans nos départements, cette situation est particulièrement visible dans les territoires ruraux, notamment de Haute-Loire et du Jura. Ainsi, dans la communauté de communes des Pays de Cayres et de Pradelles (Haute-Loire), près d'un ménage sur cinq (18,1%) est particulièrement exposé au prix des carburants (hors impact de la hausse des prix), soit 7,5 points de plus que la moyenne nationale.

Une exposition surtout due à des niveaux de vie défavorables. La situation est à peine meilleure dans l'intercommunalité des Rives du Haut Allier (16,5%), ou celle de l'Auzon (15,8%).

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Déplacements élevés, niveau de vie faible... Ces territoires les plus touchés

« Les ménages particulièrement exposés aux prix des carburants sont souvent ceux qui parcourent de longues distances tout en ayant un faible niveau de vie. La moitié d’entre eux a roulé plus de 27 500 km pendant l'année, presque deux fois plus que la moitié de l’ensemble des ménages ayant une voiture (14 500 km) », selon cette même publication de l’Insee. Ils pâtissent également, souvent, de niveaux de vie défavorables « avec des revenus annuels moyens inférieurs de 6 000 euros et des taux de pauvreté 2 points plus élevés en comparaison des niveaux nationaux».

206 intercommunalités cumulent ainsi les deux critères de risque. Dans 191 autres, les déplacements longs expliquent essentiellement la part élevée de ménages surexposés. Enfin, dans les 326 intercommunalités restantes, les faibles niveaux de vie sont la première cause.

Deux communautés de communes en difficulté dans la Loire et le Jura

Dans la Loire, les foyers avec voiture dans la communauté de communes des Vals d'Aix et Isable cumule des niveaux de vie défavorables (12% de ménages pauvres), auxquels s’ajoutent des déplacements élevés (20 562 km annuels moyens), et un ménage sur six est particulièrement exposé (16%).

Même situation dans les communes de la Plaine jurassienne (15,9% de ménages surexposés, 5,3 points de plus que la moyenne nationale).

Dans les intercommunalités des Sucs en Haute-Loire, ou celles de Terre d'Emeraude et du Jura Nord, dans le Jura, la surexposition à la hausse des carburants est surtout due aux nombreux trajets, tandis que du côté de Brioude ou du Mézenc (Haute-Loire), du Pays d'Urfé (Loire) ou de Porte du Jura, c'est le niveau de vie défavorable qui explique la vulnérabilité des ménages avec voiture face à l'inflation à la pompe. Ce critère touche six intercommunalités sur onze en Haute-Loire. 

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Les agglomération moins touchées

Les foyers situés dans les grandes agglomérations et les périphéries sont pour leur part moins affectés que les autres. Leurs trajets sont moins longs, ils ont davantage accès à des alternatives (transports en commun, vélo...) et sont à proximité de la plupart des services.

« La part de ménages particulièrement exposés aux prix des carburants est plus élevée là où la voiture structure fortement les modes de vie : près de 90% des actifs ruraux utilisent leur véhicule pour aller travailler, contre moins de 60% dans les pôles urbains. »

Ainsi, 22% des actifs en emploi des intercommunalités « à exposition limitée » utilisent les transports en commun pour aller travailler, contre 16% au niveau national.

La métropole de Lyon «à exposition limitée»

« Près de 530 intercommunalités sont classées dans les catégories “à exposition limitée”. Dans un tiers des cas les déplacements en voiture des résidents sont élevés, mais les ménages bénéficient dans l’ensemble de niveaux de vie plus favorables qu’ailleurs, leur permettant plus souvent d’y faire face ». C'est le cas autour de la métropole de Lyon (dans les communautés de communes du Pays mornantais, du Pays de l'Arbresle ou du Pays de l'Ozon), ou dans l'ouest de l'Ain, au contact de l'agglomération lyonnaise ou le long de la Saône. 

Parmi les 349 intercommunalités « à exposition limitée » restantes, 132 sont des pôles urbains, concentrant un plus grand nombre d’emplois et offrant ainsi à leurs habitants des distances domicile-travail réduites, tandis que 83 sont situées dans des couronnes de pôles urbains. Beaucoup sot autour de Lyon et le long de la vallée du Rhône.

L'intercommunalité du Rhône la plus exposée est la Communauté d'agglomération de l'Ouest rhodanien avec 11,9% des ménages concernés, 1,3 point de plus que la moyenne nationale.

On observe les plus faibles proportions de ménages vulnérables dans les grandes agglomérations comme celles de Lyon (6,7%), Saint-Etienne (10,2%), Roanne (9,1%), Lons-le-Saunier (9%). 

Une tendance également visible dans des intercommunalités en périphérie : Vallée du Garon (5,6%, 5 points de moins que la moyenne nationale), Est lyonnais (5,8%), Vallons du Lyonnais (6,4%), Miribel (6,9%).