Le président français Emmanuel Macron se rendra lundi en Suède afin de renforcer la coopération militaro-industrielle bilatérale à l'occasion de la signature d'un contrat de 4,3 milliards d'euros pour l'acquisition de quatre frégates françaises par la Suède, a annoncé mercredi l'Elysée.

La Suède a en effet annoncé en mai l'achat de ces quatre frégates de défense et d'intervention (FDI) à l'entreprise française Naval Group, dont le premier exemplaire sera livré en 2030, dans le cadre de son effort de réarmement entrepris depuis le début de la guerre en Ukraine et son adhésion à l'Otan en 2024.

Une nouvelle étape dans le rapprochement des deux pays

Emmanuel Macron va participer à la cérémonie de signature du contrat à Stockholm. « Un accord-cadre destiné à renforcer la coopération franco-suédoise dans les domaines opérationnel, capacitaire et industriel sera également signé à cette occasion », a ajouté la présidence française. « Cette visite marquera une nouvelle étape dans l'approfondissement du partenariat stratégique entre la France et la Suède et de la coopération en matière de sécurité et de défense entre nos deux pays, qui contribuera au renforcement de la défense européenne comme à celui de l'Alliance atlantique », a-t-elle poursuivi.

Les deux pays se sont rapprochés au cours des dernières années dans l'industrie de défense. En décembre, Paris a ainsi passé commande de deux avions de surveillance Global Eye produits par le géant suédois Saab pour plus d'un milliard d'euros.

La Suède intéressée par la dissuasion nucléaire

La Suède s'est par ailleurs dite intéressée par l'offre de dissuasion nucléaire proposée en mars par Emmanuel Macron. Les deux pays ont réuni le 23 avril à Paris leur premier groupe de pilotage nucléaire, sous la présidence conjointe de l'Elysée et du cabinet du Premier ministre suédois, Ulf Kristersson.

Dans un discours le 2 mars à l'Ile Longue, Emmanuel Macron a exposé le concept de « dissuasion avancée », associant huit pays européens, mais « sans aucun partage de la décision ultime » d'engagement du feu nucléaire qui restera une prérogative exclusive du président français.

Cette dissuasion avancée offre la possibilité pour les pays partenaires de participer aux exercices nucléaires français, avec des moyens conventionnels, et pour la France d'y déployer, de façon temporaire, des avions Rafale susceptibles d'emporter la bombe atomique.

Lors d'un sommet avec Emmanuel Macron en juillet, le chancelier allemand Friedrich Merz a ainsi annoncé que les forces allemandes participeraient « dès cette année » à un exercice nucléaire français.