Après avoir annoncé quitter le gouvernement, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a présenté mercredi sa démission à Emmanuel Macron qui "ne l’a pas acceptée". Elle continuera donc sa mission.

Faux départ, pour la ministre de la Transition écologique. Monique Barbut a présenté mercredi 22 juillet 2026 sa démission à Emmanuel Macron qui "ne l’a pas acceptée". La sexagénaire a donc décidé de "poursuivre sa mission à la demande" du président "qui l’a assurée de son soutien", a annoncé son cabinet à l’AFP.

Elle a accepté de rester au gouvernement "face à l’urgence d’agir contre les conséquences du changement climatique qui frappent durement notre pays et pour répondre aux enjeux de santé environnementale", a-t-on ajouté de même source, tout en assurant qu’elle avait "confirmé son désaccord sur la version définitive du projet de loi d’urgence agricole" avec la mesure controversée sur les pesticides.

"Le recul environnemental de trop"

Dans un message publié sur LinkedIn, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, avait confirmé plus tôt dans la matinée sa volonté de quitter le gouvernement. Une décision qui intervenait au lendemain de l’adoption définitive par le Parlement de la loi d’urgence agricole.

"Contrairement aux engagements qui m’avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure (sur les pesticides, N.D.L.R), pourtant souhaitée également par les députés", écrivait-elle dans un message publié sur LinkedIn, estimant que "ce revirement constitue […] le recul environnemental de trop".

Son entourage avait déjà annoncé sa décision le mardi 21 juillet, précisant que la sexagénaire souhaitait annoncer son départ à Emmanuel Macron d’ici le Conseil des ministres. Venue à l’Elysée présenter sa démission au chef de l’État, elle a finalement participé à la réunion interministérielle, sortant ensuite du palais présidentiel avec ses collègues du gouvernement, a constaté l’AFP.

Selon son cabinet, la ministre reste finalement au gouvernement "en confiance autour de priorités fortes : accélérer l’adaptation au changement climatique avec notamment la préservation des forêts françaises et de la ressource en eau, améliorer la santé environnementale avec notamment la poursuite d’objectifs ambitieux de réduction de la pollution au cadmium et de protection renforcée des captages d’eau potable".

La réintroduction de certains pesticides entérinée

Le Parlement a entériné mardi 21 juillet le projet de loi d’urgence agricole du gouvernement, qui comporte notamment la réintroduction, à titre dérogatoire, de certains pesticides autorisés dans l’UE mais interdits en France. Le texte prévoit la possibilité donnée à l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) de réintroduire sous condition l’acétamipride et le flupyradifurone pour une poignée de filières en difficulté, dont celles des noisettes et de la betterave.

Un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait le retour de l’acétamipride avant une censure du Conseil constitutionnel, la résurgence de cette option sème toujours la controverse. Des députés du camp gouvernemental avaient suggéré lundi à l’exécutif de la faire retirer par amendement, ce que le gouvernement a refusé.