"Depuis 2026, ça tire plus ici qu'à Marseille" : fusillade mortelle à Toulouse, deux guerres de territoires qui annoncent d'autres morts
l'essentiel Des rafales d'armes automatiques ont de nouveau résonné dans les cités toulousaines dans la nuit de ce mardi 15 septembre. Un jeune homme de 18 ans a été froidement exécuté au pied des tours du quartier Bellefontaine par deux individus à scooter. Alors que les fusillades liées au trafic de stupéfiants se multiplient dans la Ville rose, les forces de l'ordre tirent la sonnette d'alarme face à l'escalade de la violence. Récit d'une nuit de violence au cœur d'un quartier sous tension.
Des détonations qui claquent en rafales, des cris, une agitation et un homme mort au sol. Les semaines se ressemblent terriblement dans les cités toulousaines. Ce mardi 15 septembre, un jeune homme a été abattu de plusieurs balles 15 cheminement Francisco de Goya, à Toulouse. Voici ce que l'on sait.
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Un scooter pourtant repéré
Il est 23 heures lorsque les guetteurs chargés de surveiller les points de deal de Bellefontaine donnent l'alerte. Pas de patrouille policière à l'horizon, mais un scooter surgissant à vive allure avec deux hommes armés à son bord. L'un est muni d'un fusil d'assaut de type Kalachnikov, le second d'un pistolet de calibre 9 mm. En quelques secondes, la panique s'empare des abords des immeubles alors que les témoins tentent de s'enfuir pour échapper aux tireurs.
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Le déroulement d'une exécution ciblée
Malgré le mouvement de foule, les agresseurs identifient immédiatement leur cible. Le jeune Zakaria, âgé de 18 ans, est traqué puis touché par plusieurs projectiles d'arme lourde. Dans une logique d'exécution méthodique, l'un des tireurs revient sur ses pas armé de son pistolet pour achever la victime au sol. Sept détonations supplémentaires retentissent avant que le deux-roues ne prenne la fuite à grande vitesse.
Une scène de crime minutieusement passée au peigne fin
Avertis par les riverains, les services de secours et les forces de l'ordre se déploient rapidement sur les lieux. À leur arrivée, le jeune homme succombe à ses graves blessures. Les enquêteurs délimitent immédiatement un périmètre de sécurité afin de permettre aux techniciens de l'identité criminelle d'effectuer les premiers relevés. Des dizaines de douilles de deux calibres différents sont retrouvées sur place. "C'est un carnage", réagit un riverain ayant filmé la scène depuis son balcon avant d'en diffuser les images sur les réseaux sociaux.
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Bien que la victime soit identifiée comme étant Zakaria, la police procède à des vérifications complémentaires. "Le jeune homme est déjà connu de la justice pour des faits en lien avec le trafic de stupéfiants commis durant sa minorité. Le corps présente de multiples blessures manifestement causées par des tirs d’armes à feu. Une enquête a été ouverte du chef de meurtre en bande organisée et confiée à la DCOS", précise le procureur de la République.
Une hausse inédite des règlements de comptes à Toulouse
Depuis le début de l'année, les affrontements armés se multiplient dans les quartiers sensibles de la préfecture haute-garonnaise. "Le nombre de blessés par balles enregistrés ces derniers mois préoccupe au plus haut point les forces de l'ordre", indique une source proche du dossier. Le décès de Zakaria intervient quinze jours seulement après celui de Brahim, tué dans des circonstances similaires, bien que les deux affaires semblent correspondre à des contentieux distincts.
Deux guerres de territoires en simultanée
Selon les premières hypothèses d'investigation, ce drame pourrait être lié à une précédente fusillade survenue plus tôt dans la semaine. En toile de fond, une guerre de territoire particulièrement vive oppose les réseaux des quartiers de la Reynerie et de Bellefontaine, tandis qu'un autre conflit territorial fait rage à La Faourette. "Nous manquons d'effectifs pour faire face à cette violence extrême. Il nous faut des moyens humains sur le terrain et dans les services d'enquête", alerte Lionel Ricaud, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale, mobilisé à Paris pour interpeller le ministère de l'Intérieur.