Au pied du château de Mirwart (Saint-Hubert), le Salon de la Chasse et de la Pêche a une nouvelle fois attiré un public nombreux ce week-end. Et parmi les animations proposées, les sonneurs de trompe de chasse. Beaucoup connaissent le son puissant de l'instrument, la tenue rouge des veneurs ou encore les prestations lors des messes de Saint-Hubert.

Mais derrière cette tradition se cachent une histoire bien plus riche et un véritable langage codé. Administrateur de la Fédération des trompes du Benelux, François de Radzitzky est venu rappeler que la trompe n'est pas seulement un instrument de musique.

"À l'origine, elle sert à communiquer pendant la chasse. La chasse se déroule dans les bois, parfois sur de très grandes distances, et il faut pouvoir transmettre des informations. La trompe raconte ce qui se passe. Chaque fanfare a une signification précise. Le débuché annonce par exemple que l'animal est sorti en plaine. Une autre sonnerie indique qu'il traverse un étang ou qu'il a changé de forêt. Les veneurs connaissent ces messages et savent immédiatement ce qu'ils signifient." Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, le son ne perturbe pas le gibier. "Beaucoup de personnes pensent que les animaux prennent peur lorsqu'ils entendent une trompe. Ce n'est pas le cas. Quand j'étais adolescent et que je sonnais, des chevreuils venaient m'écouter. Les animaux n'ont pas peur de la trompe. Ce qui les inquiète, c'est la présence d'une meute derrière eux. Mais même là, la panique ne dure que quelques minutes. Très vite, ils reprennent leurs esprits et utilisent toutes leurs ruses pour semer les chiens. La sonorité de la trompe, elle, n'a aucune influence."

Beaucoup d'émotions au bout de la trompe

Pour François de Radzitzky, la trompe reste avant tout un patrimoine vivant. "Beaucoup de gens découvrent cet instrument sans avoir le moindre lien avec la chasse. Ils entendent la trompe une première fois et sont immédiatement touchés. Ce n'est pas un instrument intellectuel, c'est un instrument qui prend aux tripes. Les gens ressentent quelque chose, les poils se dressent et ils veulent comprendre d'où vient cette émotion."

Une tradition qui continue à séduire malgré la disparition de la chasse à courre en Belgique il y a plus de vingt-cinq ans. "La pratique de la trompe n'a pas disparu avec elle. Nous sommes présents lors des fêtes de Saint-Hubert, des concours, des cérémonies ou même des mariages. Beaucoup de sonneurs ne sont pas veneurs. Ils apprécient simplement la musique et l'histoire qui l'accompagne."

L'administrateur de la Fédération du Benelux regrette toutefois que cette facette de la culture cynégétique soit souvent mal connue. "On parle parfois de la chasse à courre sans chercher à la comprendre. Pourtant, c'est un univers extrêmement codifié, avec des règles très anciennes. Ce n'est pas une chasse de rendement. On suit un seul animal, on respecte des traditions transmises depuis des siècles et il faut une connaissance incroyable des chiens et de leur comportement. C'est aussi cette histoire-là que nous essayons de transmettre lorsque nous venons dans des événements comme celui de Mirwart."


Sécheresse : quels effets sur la chasse ?

À quelques semaines de l'ouverture de la saison de la chasse, les conséquences de l'été particulièrement sec commencent à se dessiner sur le terrain. Si l'impact varie fortement d'un territoire à l'autre, les premiers constats réalisés montrent que certains animaux ont souffert du manque d'eau et de nourriture. Trésorier de l'Union belge de la chasse et de la ruralité (UBCR), Éric André appelle toutefois à la prudence. "Nous n'avons pas encore de recensement global, mais les premières observations existent. Ce qui m'interpelle surtout, c'est la taille de certains chevreuils. On voit beaucoup de jeunes animaux très petits, très minces. Je n'ai pas trouvé de chevreuils morts, donc il ne faut pas tirer de conclusions hâtives, mais on constate que certains n'ont pas eu le développement qu'ils auraient normalement dû avoir. La sécheresse, le manque d'eau et une alimentation plus pauvre peuvent l'expliquer".

Le constat n'est cependant pas uniforme. "Les territoires qui disposent d'un ruisseau ou d'un étang ont été mieux préservés. Dire que la sécheresse n'aura aucun impact serait un déni, mais il serait tout aussi faux d'affirmer que toutes les chasses seront confrontées aux mêmes difficultés".

La prolifération des sangliers est bien présente

Pour le responsable de l'UBCR, la prochaine saison devra surtout s'adapter aux réalités de chaque territoire. "Chaque gestionnaire connaît son gibier et réalise déjà un état des lieux avant les premières battues. Il faudra donc peut-être adapter les prélèvements".

Si la sécheresse a attiré l'attention sur l'état de certains chevreuils, Éric André estime que la principale préoccupation reste la prolifération des sangliers. "Ils réapparaissent en nombre, avec beaucoup de jeunes et cela devient problématique. L'UBCR plaide depuis plusieurs mois pour un assouplissement du cadre légal en ce sens. Beaucoup de chasseurs sont prêts à investir dans du matériel et à participer à cet effort de régulation, explique-t-il. Nous attendons toutefois les autorisations nécessaires. Tant que les arrêtés d'exécution ne sont pas publiés et que les modalités d'utilisation ne sont pas fixées, nous restons bloqués. Pourtant, les dégâts dans les cultures continuent de progresser et les populations de sangliers restent bien trop importantes".

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