Des touristes trouvent un pistolet dans le lac d’Annecy: l’enquête sur la tuerie de Chevaline relancée?
Une découverte fortuite lors d’une baignade dans le lac d’Annecy ravive l’espoir d’une percée dans l’une des affaires de meurtre les plus mystérieuses de France. Des touristes britanniques ont trouvé au fond du lac un pistolet présentant des similitudes frappantes avec l’arme avec laquelle quatre personnes ont été abattues il y a quatorze ans à Chevaline, dans les Alpes françaises. Des analyses sont en cours pour déterminer s’il s’agit bien de l’arme du crime recherchée depuis si longtemps.
M.G
1 septembre 2026, 14:07
Ajoutez-nous à vos favoris Google
La famille britannique a fait cette découverte le 20 août. Alors qu’ils se baignaient, les vacanciers ont aperçu, à environ deux mètres de profondeur, un objet gisant au fond du lac. Lorsqu’ils l’ont remonté à la surface, ils ont compris qu’il ne s’agissait pas d’un jouet, mais d’un véritable pistolet. Ils ont alors alerté la gendarmerie française.
Il s'agirait d'un Luger, plus précisément d'un P06, un modèle qui, selon les médias français, présente des similitudes avec l'arme utilisée le 5 septembre 2012 lors du quadruple meurtre de Chevaline, non loin du lac d'Annecy. L'équipe chargée des affaires classées du parquet de Nanterre, qui mène l'enquête depuis 2022, a confirmé au journal régional Le Dauphiné Libéré qu'elle cherchait à déterminer si l'arme retrouvée avait un lien avec cette affaire de meurtre non élucidée.
Le pistolet doit faire l'objet d'une expertise approfondie par des spécialistes de la gendarmerie française. Le calibre, les numéros de série éventuels et les traces présentes sur l'arme, entre autres, pourraient s'avérer importants. Comme le pistolet a peut-être passé beaucoup de temps sous l'eau, cette expertise pourrait s'avérer complexe et durer plusieurs semaines.
Un morceau sur les lieux des meurtres
Un détail rend cette découverte particulièrement intéressante. En 2012, un petit morceau de crosse brisée rouge provenant de l’arme utilisée avait été retrouvé sur les lieux des meurtres. Les enquêteurs avaient alors émis l’hypothèse qu’il provenait d’un Luger P06/29 suisse.
Une partie de ces pistolets a été équipée dans les années 1930 de pièces rouges en Canevasit, un matériau relativement fragile qui se brise facilement. Selon Le Dauphiné Libéré, 7.680 exemplaires ont été fabriqués ainsi.
C’est précisément pour cette raison que le morceau retrouvé pourrait désormais revêtir une grande importance. S’il s’avère qu’il manque un morceau correspondant au pistolet repêché dans le lac d’Annecy et que les deux pièces s’emboîtent, cela permettrait d’établir un lien très fort avec l’affaire des meurtres.
Quatre morts sur une route forestière isolée
Les meurtres de Chevaline tiennent la France en haleine depuis déjà quatorze ans. Le 5 septembre 2012, un Britannique d’origine irakienne de 50 ans, Saad al-Hilli, son épouse de 47 ans et sa belle-mère de 74 ans avaient été retrouvés morts dans leur voiture, tués de plusieurs balles dans la tête, sur une route de campagne près de Chevaline, non loin du lac d’Annecy. Un cycliste de la région, Sylvain Mollier, 45 ans, qui passait vraisemblablement par hasard à cet endroit, avait également été abattu.
Le tireur a tiré au total 21 balles. Les deux filles du couple se trouvaient également sur les lieux. L’une des fillettes avait été grièvement blessée tandis que la seconde, recroquevillée sous les jambes de sa mère, en était sortie indemne.
L'arme du crime n'a jamais été retrouvée
Malgré une enquête très approfondie, ni le mobile ni l’identité de l’auteur n’ont pu être établis. L’arme du crime n’a jamais été retrouvée non plus.
Au fil des années, les enquêteurs se sont notamment penchés sur les conflits familiaux, les motifs financiers, les activités professionnelles de Saad al-Hilli et la possibilité que le cycliste était la véritable cible. Aucune piste n’a permis de faire avancer l’enquête.
La découverte faite dans le lac d’Annecy pourrait désormais changer la donne. Mais la justice française met en garde contre toute conclusion prématurée : ce n’est qu’après l’expertise médico-légale qu’il sera possible de déterminer si le pistolet est réellement une pièce du puzzle que les enquêteurs tentent de reconstituer depuis près de quatorze ans.
LIRE AUSSI