Deux cadres du 24 Heures, dont l'un devait prendre la tête de la rédaction en janvier, ont été suspendus par Tamedia en raison de "comportements inappropriés", révèlent dimanche les titres du Blick. Ces affaires alimentent un climat "horrible" dans la rédaction du quotidien vaudois, sur fond de pression à la performance.

Selon Sonntagsblick et blick.ch, c'est un cadre considéré depuis longtemps en interne comme un "personnage controversé" qui aurait dû prendre les commandes de la rédaction du 24 Heures. Il aurait notamment eu une liaison avec une jeune collaboratrice.

Mais alors que sa nomination devait être officialisée fin janvier, elle n'a jamais eu lieu. Et pour cause: lorsque qu'elle a été divulguée en interne, la commission du personnel, de concert avec l'association professionnelle Impressum, est montée aux barricades. Elle a été entendue par les dirigeants de Tamedia, et l'ancien rédacteur en chef Eric Leycluse a été prié de rester quelques semaines de plus.

Depuis fin février, c'est une rédactrice en chef ad intérim qui dirige le quotidien.

Enquêtes en cours

A cette suspension s'ajoute celle d'un autre cadre de l'entreprise. Il lui est reproché d'avoir eu des comportements sexistes et de violence à caractère sexuel lors de soirées ou fêtes de travail avec des collègues.

Cité par Blick, le porte-parole de Tamedia confirme qu'au début de l'année, deux cas de "violations potentielles du code de conduite" ont été signalés. Les deux employés suspendus n'ont depuis lors plus le droit d'avoir de contact avec des collaborateurs et collaboratrices du groupe. Un cabinet d'avocats externe a été mandaté pour mener les enquêtes. Elles sont toujours en cours.

Au sein de la rédaction, certaines personnes pensent que ces suspensions sont justifiées, d'autres qu'elles sont trop sévères. Mais les employées et employés contactés par la RTS évoquent unanimement, sous couvert d'anonymat, une ambiance lourde, "horrible" même, et une situation qui dure, sans évolution, depuis de longs mois.

Course au clic et à la performance

Il faut dire que ces affaires s'ajoutent à un contexte de restructurations continues, de réorganisations, de coupes budgétaires et de pression sur le personnel, rappellent plusieurs personnes. Au téléphone, un employé évoque une course au clic et une ambiance plus tournée sur les chiffres que sur l'humain.

Un autre rappelle que fin 2024, lors de son dernier plan social, la direction générale de Tamedia avait garanti qu'il n'y aurait pas de suppression de poste pendant deux ans. Or, cette échéance arrive bientôt à son terme. De quoi susciter encore davantage d'inquiétude.

Gianluca Agosta/jop