l'essentiel Géraldine Georges, 45 ans, a disparu dans le massif de Belledonne, en Isère, où sa voiture a été retrouvée. Malgré les recherches, aucun indice n'a été découvert depuis cinq mois et les recherches sur site ont été stoppées depuis juillet. Mais Jean-Claude Georges, son père, s'est confié à La Dépêche pour assurer qu'il allait lui-même les relancer "avec des professionnels". L'homme entend tout mettre en œuvre pour retrouver sa fille, quelles que soient les raisons de sa disparition et l'issue de cette affaire.

Le temps passe et le mystère reste entier... Depuis le 28 avril dernier, Géraldine Georges, 45 ans, n'a donné aucun signe de vie. Seule sa voiture a été retrouvée fermée dans le massif de Belledonne, en Isère. Depuis, les recherches menées dans ce secteur n’ont permis de découvrir ni le corps de la quadragénaire, ni ses effets personnels, ni le moindre élément permettant de comprendre ce qui lui est arrivé.

"Il n'y a absolument rien de nouveau au niveau des recherches, on n’a rien trouvé sur site", résume à La Dépêche du Midi son père, Jean-Claude Georges, qui continue de chercher des réponses cinq mois après la disparition.

En juillet, une information judiciaire a été ouverte pour recherches des causes de la disparition. Mais pour le père de Géraldine, cette nouvelle étape ne règle rien et ne permet pas de répondre à ses questions : après 5 mois, pourquoi les recherches sont restées concentrées sur une zone bien précise et pourquoi la piste du suicide semble rester la seule envisagée ?

Qui est Géraldine Georges ?

Pour mieux comprendre l'affaire, il faut revenir sur le profil de sa fille et les éléments de sa vie personnelle qui ont pu orienter les recherches des enquêteurs. Géraldine Georges est mère de deux enfants, de 8 et 17 ans, et elle s'entend très bien avec leur père, dont "elle est séparée", nous explique Jean-Claude Georges. "Ces dernières années et pour des raisons très personnelles, elle a une relation fusionnelle avec son petit garçon".

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Depuis quelques années, cette professeure de danse avait en effet des "soucis psychologiques", n'hésite pas à partager son père. Elle a été "diagnostiquée bipolaire et mise sous traitement", elle a également fait deux séjours en "hôpital psychiatrique". Mais "même s'il y avait des hauts et des bas, elle n'a jamais fait de tentative de suicide", souligne son père.

Si l'homme reconnaît la réalité de ces éléments qui ont poussé les gendarmes à privilégier la piste du suicide, pour lui, ils ne suffisent pas à expliquer sa disparition. "Qu'elle ait été suivie, qu'elle soit dépressive et qu'elle se soit suicidée, ce n'est pas la même chose".

Une voiture qui interroge

C'est justement cette piste privilégiée par les enquêteurs qui continue de tarauder Jean-Claude Georges. Pour lui, d'autres éléments de la disparition mériteraient d'être davantage examinés, à commencer par les circonstances dans lesquelles la voiture de sa fille a été retrouvée. Car la découverte de la voiture fermée de Géraldine Georges constitue l'un des principaux points de départ de l’enquête.

À l'intérieur se trouvaient des affaires personnelles, des objets qu’elle devait vendre lors d’une brocante ainsi que ses papiers. Le père affirme qu'il a lui-même retrouvé certains de ces documents lorsqu'il est arrivé sur place pour participer aux recherches trois jours après la découverte du véhicule. Il dit également regretter que le véhicule n'ait pas, selon lui, fait l'objet d'investigations techniques plus poussées.

Présent dès les premiers jours de recherches, notamment lors d'une battue organisée le 1er mai, le père de Géraldine a gardé le souvenir d’une zone particulièrement difficile à explorer, avec des coins escarpés et des torrents. "J'étais assis, je me suis dit : 'ce n’est pas possible, on n’y arrivera pas'".

Selon lui, les moyens déployés ne permettraient pas de couvrir correctement le terrain de recherches. Deux gendarmes auraient été blessés au cours des recherches. Tant et si bien qu'en juillet, les parents de la disparue ont été reçus et informés de l’arrêt des recherches sur le site. Pour le père, cette situation n’est pas acceptable. "D'un côté, je comprends que le manque de moyens n’est pas de leur faute. De l'autre, je ne l'accepte tout simplement pas".

"Je veux vraiment refermer cette porte"

La famille a demandé que les recherches soient confiées à des enquêteurs spécialisés, notamment à la section de recherches de Grenoble. Une demande qui, selon le père de la disparue, n'a pas abouti à ce jour. Assisté par son avocate Me Corinne Herrmann, il avance dans le flou et déplore un manque d'informations. Contactés par La Dépêche du Midi, ni la gendarmerie, ni le parquet n'ont donné suite.

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Depuis, l'homme a lui-même mobilisé des personnes susceptibles de parcourir régulièrement le massif : randonneurs, chasseurs ou encore ramasseurs de champignons. Un groupe WhatsApp d’environ 200 personnes participe à ces recherches informelles. Mais cinq mois après les faits, toujours rien.

Pour autant, le père ne prétend pas savoir ce qui est arrivé à sa fille. Son objectif est désormais de terminer méthodiquement les recherches dans le secteur de Belledonne avant d’envisager d'autres pistes géographiques. "Je veux vraiment refermer cette porte, car si elle n'est pas là, il faut chercher ailleurs".

Autre piste

D'autant plus que Jean-Jacques Georges avance la théorie de la "communauté aux discours ésotériques", sans pour autant parler de secte. "On sait qu'elle a rencontré des gens, et elle était assez sensible à ces discours", nous confie-t-il. "Ils attirent des gens fragiles psychologiquement ou mal dans leur peau, comme ma fille". L'homme reste persuadé que cette piste pourrait être explorée.

Ce père, déterminé à reprendre lui-même les recherches, refuse de voir le dossier de la disparition de sa fille s'enliser. Mais depuis cinq mois, la question reste entière : où est Géraldine Georges ?