Dolly Parton était aussi l’icône des immigrés, avec ou sans papiers
Hommage.
Au cœur des années Reagan, alors que les États-Unis commençaient à durcir le contrôle de leurs frontières, Dolly Parton a compté parmi les rares artistes à donner de la voix pour défendre les immigrés clandestins. Cet engagement, jamais démenti, n’est cependant pas la seule raison pour laquelle la chanteuse, disparue le 25 août, est chère au cœur de Gustavo Arellano, chroniqueur au “Los Angeles Times”.
Ma chanson préférée de Dolly Parton n’est pas la plus connue, ni la meilleure. Mais si vous voulez vraiment comprendre et honorer l’héritage laissé par cette légende de la country – véritable témoignage de ces valeurs radicales de l’Évangile que sont l’amour, la tolérance et le soutien aux laissés-pour-compte – il faut écouter à fond sa reprise de la chanson de Woody Guthrie, Deportee (Plane Wreck at Los Gatos).
Guthrie a écrit cette complainte en 1948 après un accident d’avion en Californie qui avait tué les 32 passagers, dont 28 Mexicains renvoyés chez eux avec un aller simple. Le compositeur de gauche [1912-1967] était furieux que les médias aient donné les noms des quatre victimes blanches, mais aient passé sous silence celui des Mexicains, les réduisant ainsi à un simple statut d’expulsés anonymes.
À contre-courant de l’ère Reagan
D’autres grands noms de la musique comme les Byrds, Joan Baez, Johnny Cash et Pete Seeger ont également repris Deportee, mais personne avec la notoriété et le succès populaire de Dolly Parton. Sa version de la chanson est sortie en 1980, dans le cadre d’un album concept à la gloire des ouvriers [intitulé 9 to 5 and Odd Jobs*].
Dolly Parton aurait pu se limiter aux agriculteurs, aux mineurs, aux ouvriers qui travaillent à la chaîne et autres travai
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Los Angeles Times (Los Angeles)
Le géant de la côte ouest. Créé en 1881, c’est le plus à gauche des quotidiens à fort tirage du pays et le grand spécialiste des sujets de société et de l’industrie du divertissement.
Ce n’est qu’à partir des années 1940 qu’il devient le premier quotidien de Los Angeles. Détenu par des Californiens depuis l’origine, le titre est racheté en l’an 2000 par le groupe Tribune – propriétaire du Chicago Tribune. En 2018, le Los Angeles Times est vendu à un milliardaire des biotechnologies, Patrick Soon-Shiong.
Après des années de baisse des ventes, de valse des directeurs de la rédaction et de coupes dans les effectifs, cet ancien chirurgien entend relancer le titre et lui faire prendre le train du numérique. Avec un objectif très ambitieux : 5 millions d’abonnés numériques. Une gageure alors que le Los Angeles Times en compte début 2019 environ 150 000.
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