Haaland - Bellingham : l'incroyable histoire de leur amitié avant Norvège - Angleterre
S'il a écrasé son meilleur ennemi la semaine dernière, comment se comportera-t-il face à son meilleur copain ce samedi ? Après avoir gâché le rêve de son rival Gabriel Magalhaes et du Brésil dimanche, Haaland s'apprête maintenant à affronter Bellingham, son "brusjan" ("frère", en argot norvégien) ce samedi lorsque l'Angleterre et la Norvège se disputeront un billet pour la demi-finale. Pour les deux anciens de Dortmund, dont le lien n'a jamais été brisé malgré la distance qui les sépare désormais, le coup d'envoi sonnera le moment où ils devront mettre leur amitié entre parenthèses. Même s'il est difficile d'imaginer qu'ils ne s'échangent pas l'un ou l'autre clin d'œil taquin.
Le point de départ de la "bromance" ? L'été 2020 quand le médian de Birmingham débarque au Signal Iduna Park et que le géant scandinave, de deux ans son aîné, l'accueille à bras ouverts, lui qui, lors de six premiers mois au Borussia, avait déjà planté 16 buts et laissé toute l'Europe bouche bée. Suivent alors deux saisons durant lesquelles leur association terrifie toutes les défenses de Bundesliga. L'entente est spontanée : Bellingham récupère puis sert et Haaland conclut. La coopération, qui permet à Dortmund de remporter une Coupe d'Allemagne (2021), déborde rapidement du terrain.
Penalty repoussé, gardien héroïque et le cyborg Haaland malgré le but d'une légende : les raisons de l'échec du Brésil à la Coupe du mondeVidéo virale à la Saint-Valentin
La paire partage, en plus des entraînements et matchs, les sorties, les vidéos et les clichés souvenirs. Avec, comme scène préférée, le vestiaire jaune et noir ou la pelouse. Les célébrations tournent rapidement au "running gag". Quand ils ne sautent pas torse contre torse ou ne s'embrassent pas sur la joue en pleine interview, l'un grimpe sur les épaules de l'autre. Les scènes deviennent iconiques et enchantent le continent entier, conscient d'être témoin privilégié de l'avènement de deux futures superstars.
Quatre mois avant le départ du Norvégien pour Manchester City, le duo tourne une séquence devenue virale à l'occasion de la Saint-Valentin. "T'appelles-tu Google ? Parce que tu es tout ce que je recherche" ou encore "Je dois être dans un musée, parce que tu es vraiment une œuvre d'art" : les deux camarades se lancent des répliques de drague bien "kitsch". La vidéo assume pleinement le ton. La complicité, nourrie de rires gênés, de grimaces bien placées et de regards embarrassés fuyants, rafraîchit à une époque où les plus grands cultivent volontiers une image lisse. Preuve que la séquence est devenue symbolique : Dortmund l'a repartagée cette semaine, en marge du quart de finale, avec, à la clé, plus de 1 million de "likes" (800 000 sur Instagram et 300 000 sur Tik Tok).
Bellingham voit, à son grand regret, à l'été 2022 son "garde du corps" – surnom donné par les supporters de Dortmund en référence à sa propension à défendre son cadet sur le terrain – s'envoler pour Manchester City. La séparation n'affecte en aucun cas le lien fort qui les unit. Impossible pour eux de le cacher lors de régulières retrouvailles. Et ce, même après que le médian ne succombe pas aux avances d'Haaland, qui tente de convaincre son ami de rejoindre Manchester City, pour finalement parapher un contrat au Real Madrid.

Un face-à-face parfaitement équilibré
Hormis les incessants échanges sur les réseaux sociaux, il y a cette nouvelle image qui fait le tour de la toile : en 2024, en quart de finale de Champions League, quand les Citizens et les Merengues se rencontrent, l'Anglais pose furtivement sa tête contre le torse du Norvégien qu'il est censé marquer sur corner. Ou encore cette fois où Bellingham s'amuse à tirer la queue-de-cheval de l'attaquant en décembre dernier. De quoi confirmer qu'il n'est pas toujours facile de dissocier l'enjeu sportif de cette proximité assumée l'un comme par l'autre. "Il est encore un meilleur gars qu'il n'est attaquant", a un jour lâché le médian à propos de son pote.
Ce samedi, pour la première fois, le duel entre les deux amis s'exportera sur la scène internationale. Pour l'instant, en Champions League, le bilan de leurs face-à-face est parfaitement équilibré : deux victoires pour Bellingham, deux pour Haaland, deux nuls, avec quatre buts inscrits par le Scandinave contre deux pour le Britannique. Nul ne doute que les fans s'en donneront à cœur joie au moment de monter pour la énième fois un "best of" de leurs années communes au Borussia – pour l'instant, la majorité d'entre eux est rythmée par le tube Let Her Go de Passenger.
À Miami, les accolades, les blagues et les regards complices patienteront probablement jusqu'au coup de sifflet final. Car si leur amitié survivra sans difficulté à ce quart, chacun voudra quitter le stade avec un billet pour les demies en poche. Et, si possible, trouver malgré tout le temps de s'offrir une dernière étreinte.
Le souffle en feu, le corps rompu : pourquoi l'Angleterre croit tenir son plus grand exploit en Coupe du monde depuis 60 ansPour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.