Adel Gourini, 28 ans, auteur d'un coup mortel sur un adolescent de 15 ans qui s’était interposé dans une bagarre entre jeunes en 2024 à Romans-sur-Isère (Drôme), a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle, nettement moins que les 25 ans requis. Le père de l’accusé principal, Boutaleb Gourini, jugé pour complicité de violences volontaires, a lui été condamné à deux ans ferme, et son beau-frère, qui a aidé à leur fuite, à six mois ferme. 

« Zakaria a été sacrifié sur l’autel de la vengeance », avait lancé l’avocat général Frédéric Uroz, reprenant les témoignages unanimement élogieux sur la victime, un jeune apprenti « généreux, travailleur, souriant », qui « a payé son altruisme de sa vie ». Il avait réclamé une peine nettement plus lourde de 25 ans.

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« J'ai perdu le contrôle »

Les faits se sont déroulés dans la soirée du 9 avril 2024, lorsque les membres de la famille Gourini, Adel, son père et un frère cadet, se rendent dans le quartier de La Monnaie à Romans-sur-Isère sans le plus jeune resté à la maison, dans ce que le parquet a qualifié « d'expédition punitive ».  Il s’agissait de retrouver un jeune collégien qui, ont-ils encore affirmé devant la cour d'assises de la Drôme, « harcelait » le benjamin de la famille. Une vidéo d'une bagarre entre les deux élèves avait circulé deux semaines avant le drame, dans laquelle le collégien accusé par la famille d'être le harceleur, s'en prenait violemment à lui. C'est en tentant de séparer son ami, le harceleur présumé, d'un fils de la famille Gourini que Zakaria, totalement étranger initialement à cette querelle de collégiens, a reçu un coup de couteau mortel d'une extrême violence d'Adel Gourini. 

Dans ses réquisitions, l'avocat général s'est attaché à démontrer l'intentionnalité de tuer, insistant sur la violence du coup, « qui a transpercé le corps de Zakaria ». Dans ses derniers mots vendredi, Adel Gourini, 26 ans à l'époque des faits, a répété que, même s’il avait « voulu impressionner », il n'avait « jamais voulu donner la mort, car j'avais trop à perdre ». « J’avais peur, face à la foule, j'ai perdu le contrôle », avait-il déclaré jeudi. L'une de ses avocates, Me Elisa Wimmer, l'a « résumé en quatre mots : responsabilité, culpabilité, flagellation et dignité ». 

Contre le père de l’accusé, chef d'une famille « qui a voulu se faire vengeance et justice elle-même », poursuivi pour complicité de violences aggravées, M. Uroz avait réclamé quatre ans de prison, dont deux avec sursis, assortis d’un mandat de dépôt.  Une peine de deux ans de prison, dont un avec sursis, avait également été requise contre le beau-frère du principal accusé,  « dont le silence s'est mué en participation ».