Elaine, retraitée de 77 ans, seule et veuve depuis 5 ans : « Je dépense environ 58 euros par semaine en essence, soit plus que mon budget alimentaire »
Publié le 02/10/26 à 19:21Par Constance Agnès
Pour les retraités, et encore plus ceux qui possèdent une petite pension, le quotidien est fait de sacrifices. Elaine, 77 ans, fait partie de ces personnes. Elle raconte.
Sauter un repas, décliner une invitation à sortir, compter chaque centime et repérer chaque promotion lorsque les courses doivent être faites, renoncer à se chauffer en hiver… Face à l’inflation, au coût de la vie toujours plus important, de plus en plus de Français font des choix. Les retraités, notamment, redoublent d’ingéniosité pour survivre avec leur petite pension.
Elaine, 77 ans, fait partie de ces personnes bien malgré elle. Ses soucis financiers sont tels qu’elle évite qu’elle « ne se souvient plus » de la dernière fois qu’elle a cuisiné un repas chaud. « Je ne prends pas soin de moi », avoue-t-elle. « Je ne me souviens même plus de la dernière fois que j’ai allumé le four. J’ai un airfryer que j’ai probablement utilisé il y a trois semaines. » Faute de revenus suffisants, se nourrir correctement est même devenu une option pour elle : « Hier, j’ai mangé deux tranches de pain grillé, et aujourd’hui, je n’ai mangé que deux biscuits aux céréales et des fruits. »
« La situation est vraiment difficile »
Après avoir pris soin de son mari pendant des années (20 ans très exactement), Elaine est désormais veuve depuis cinq ans. Cinq années difficiles pour cette retraitée qui vit à la campagne, qui n’a plus personne avec qui partager sa vie… et ses factures. Sa situation est d’autant plus précaire que la hausse des prix et l’inflation l’impactent de plein fouet. « La situation est vraiment difficile, non seulement pour moi, mais aussi pour des milliers d’autres personnes », reconnaît-elle d’ailleurs auprès de la BBC.
Le plus délicat pour elle ? Le prix de l’essence, qui mange aujourd’hui une bonne partie de son budget. « Ma voiture me coûte une fortune. Le prix du carburant remonte en flèche, et comme je vis dans un village, j’ai absolument besoin d’une voiture car je souffre d’arthrite et je ne peux pas marcher très loin », regrette la retraitée. Elle assure d’ailleurs dépenser environ « 58 euros par semaine en essence », soit plus que son « budget alimentaire ».

Un quotidien fait de restrictions
Pour faire des économies, Elaine mise ainsi sur le covoiturage, seule solution pour se déplacer dans un village sans transports en commun. Lorsqu’elle se déplace avec d’autres personnes sans moyen de transport cependant, elle ne peut se permettre de les accompagner s’il faut dépenser de l’argent. La retraitée ne se permet aucun plaisir, au risque de se retrouver dans le rouge.
Lorsque son amie « achète des vêtements » par exemple, Elaine « reste assise devant la boutique », faute de « moyens d’y entrer ». « Je ne me souviens même plus de la dernière fois que je me suis fait plaisir », explique-t-elle avec une pointe de tristesse au média. Et ce n’est pas tout : pour ne pas se faire avoir par la flambée des factures d’électricité, la senior allume rarement le chauffage. Les rares fois où la retraitée le fait, elle ne le met qu’à 13 °C. Sa seule solution pour vivre encore avec un toit sur la tête.

En bref
- 📅 Elaine, 77 ans, retraitée vivant à la campagne, fait face à des difficultés financières exacerbées par l'inflation et le coût de la vie.
- 🚗 Le prix de l'essence grève son budget, la forçant à limiter ses déplacements et à recourir au covoiturage.
- ❄️ Elaine vit dans des conditions précaires, évitant de chauffer son logement et renonçant à tout plaisir personnel.