Élections en Allemagne: malgré la défaite cuisante de son parti, le chancelier Merz promet de ne rien changer
Sous pression après des défaites électorales dimanche 20 septembre face à l'extrême droite et la gauche radicale, Friedrich Merz s'est engagé à poursuivre les réformes qu’il a promises. L'impopulaire chancelier ferme la porte à un départ prématuré, après des jours de spéculations à ce sujet. La défaite de son parti, la CDU, a été telle que la formation conservatrice n’a pas réussi à conserver des élus dans la région de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, une première depuis la fin de la guerre.
Publié le : 20/09/2026 - 23:36Modifié le : 21/09/2026 - 00:06
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Le dirigeant allemand ressort très fragilisé de deux scrutins. D'après des estimations publiées vers 22h (20h TU), la CDU n'obtient que 4,9 % des voix en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (nord-est), sous le seuil des 5 % nécessaire pour conserver des élus au parlement du Land. Une première dans l’histoire du parti chrétien-démocrate conservateur, qui contrôlait cette région.
De son côté, le parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) y recueille plus de 38 % des votes, faisant plus que doubler son score en cinq ans.
Plus tôt dans la soirée, avant que l'élimination de la CDU soit annoncée, le chancelier a reconnu un « désastre », mais s'est engagé à maintenir le cap de ses réformes, fermant la porte à un départ prématuré. « Je prends cette responsabilité parce que je veux faire avancer notre pays », a-t-il dit, admettant que la « confiance dans les institutions de notre pays diminue » et estimant qu'elle était « activement sapée par des partis radicaux de gauche comme de droite ».
Le résultat dans le Mecklembourg est un désastre. Nous avons tous des inquiétudes sur l’avenir de notre pays. La réponse, c’est de permettre à notre pays de relever les défis du futur. Nous avons besoin de changements. Ces réformes ne seront pas forcément populaires et leur effet mettra parfois du temps à être visible. Mais c’est pourquoi ces réformes ne peuvent pas être repoussées. J’en prends la responsabilité. Cela demande de la détermination, de la fermeté et de la patience. Je m’y emploierai en tant que président de la CDU et en tant que chancelier de notre pays.
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«Le résultat est un désastre», reconnaît Friedrich Merz, promettant de ne pas changer de cap, malgré tout
Pascal Thibaut
La CDU avait déjà essuyé un premier camouflet dans le Land de Saxe-Anhalt deux semaines auparavant, où l'AfD a remporté la quasi-totalité des voix, nourrissant des spéculations autour d'une potentielle démission du chancelier.
En outre, dans la capitale-État de Berlin, la CDU est devancée dimanche par la gauche radicale Die Linke, alors que les conservateurs dominaient également la mairie de la ville.
Impopularité, lenteurs et disputes au sein de la coalition nationale
Le co-chef des sociaux-démocrates allemands et ministre des Finances Lars Klingbeil allié au niveau fédéral avec les conservateurs de Friedrich Merz, a reconnu que les élections de dimanche démontraient que le gouvernement n'était pas parvenu à convaincre du bien-fondé des réformes prévues, notamment des retraites. Cela alors que le pays connaît stagnation économique et crise du pouvoir d'achat.
« Je trouve que nous devons regarder ces résultats avec humilité et nous interroger sur ce que nous pouvons faire autrement et mieux », a-t-il dit.
Les 16 mois de Friedrich Merz à la chancellerie ont été marqués par la lenteur de la prise de décisions, notamment du fait de disputes à répétition entre conservateurs et sociaux-démocrates, donnant l'impression qu'il ne contrôlait pas sa fragile majorité.
Dimanche au Mecklembourg, l'AfD devance donc, avec environ 38 %, de deux points les sociaux-démocrates. Sauf surprise, ces derniers devraient néanmoins conserver le contrôle de l'exécutif régional en s'alliant avec d'autres partis de gauche.
Car jusqu'ici, aucune formation n'a jamais voulu s'allier avec l'extrême droite, mais ses succès pourraient relancer le débat, notamment au sein du parti conservateur du chancelier.
Friedrich Merz avait promis de relancer l'économie nationale en stagnation, de réarmer le pays pour dissuader une Russie hostile et de contenir l'immigration irrégulière pour regagner les électeurs passés à l'AfD, devenue deuxième force politique du pays lors des législatives de 2025.
Mais la lenteur des réformes et une série de couacs ont nourri une percée de l'AfD. Le parti devance désormais la CDU dans les sondages nationaux.