Il était forcément difficile d’anticiper les déboires de Pauline Ferrand-Prévot (14e du classement général, avant d’abandonner en amont de la 8e étape samedi) sur ce Tour de France Femmes avec Zwift, mais avant le début des hostilités, elle était, du côté des Françaises, la principale favorite.

Et pourtant, à l’issue du final 100 % azuréen qui s’est déroulé ce dimanche, c’est Cédrine Kerbaol (25 ans, EF Education-Oatly) qui finit première tricolore sur cette édition 2026 (6e, à 6’41 de la lauréate Demi Vollering et à 28 secondes de la 5e, Paula Blasi). Mais alors qui est-elle, quelles sont ses qualités et est-ce vraiment une surprise de la voir si haut au classement général ?

« Elle a très bien fini ce Tour de France. Elle m’a impressionnée et, globalement, c’est une coureuse qui progresse d’année en année dans ce rôle de leader du classement général d’un grand tour », nous éclairait en zone mixte Marion Rousse, directrice du Tour femmes.

C’est peu dire au regard de l’historique de la native de Brest sur ce même Tour femmes (re) lancé en 2022 par l’organisateur ASO (Amaury Sport Organisation) : 6e en 2024, 8e l’an passé… Cédrine Kerbaol avait déjà intégré ces dernières années cette caste élevée du peloton qui, lui aussi, progresse chaque année et l’oblige à redoubler d’efforts pour s’y maintenir.

Demi Vollering (à g) et Kasia Niewiadoma (à d), les deux premières du classement final.

S’y maintenir grâce, entre autres, à des qualités remarquables d’une coureuse au profil d’attaquante endurante, redoutable descendeuse et loin d’être ridicule, non plus, sur les étapes de contre-la-montre : en atteste celui du mardi 4 août, entre Gevrey-Chambertin et Dijon, qui lui avait notamment permis de s’installer provisoirement sur le podium au général.

Plus globalement, c’est sa capacité à maintenir une régularité qui a frappé, cette façon de se gérer et de savoir précisément à quel moment placer un coup d’accélérateur.

Une équipe soudée

Au-delà de ses performances individuelles, Cédrine Kerbaol a aussi, et surtout, pu compter sur l’unité d’une équipe (EF Education-Oatly (F)) extrêmement soudée : « Elle est inarrêtable, elle est super motivée et on croit toutes en elle », lançait d’ailleurs sa coéquipière Noémi Ruegg (14e du général) vendredi, via L’Équipe. C’est aussi le sens des déclarations de Marion Rousse qui évoquait, ce dimanche, « une belle équipe capable de prendre la course en main lorsque nécessaire ».

Sur cette dernière étape, enchaînant montées et descentes assez vicieuses, tout était réuni pour convenir à Cédrine Kerbaol. La Française a réalisé une course de haute volée, toujours dans les roues du groupe maillot jaune, mais a aussi pu profiter - le malheur des uns fait le bonheur des autres - de la chute et du déclassement de Marlen Reusser, pourtant encore en lice pour la victoire finale.

La dernière ascension, via le versant du Vinaigrier, bien plus abrupte, a forcément été difficile, mais Cédrine Kerbaol a tenu bon et s’est donc hissée à la 6e place du Tour de France pour la deuxième fois de sa carrière.

D’ordinaire, il est d’usage, pour les sportifs, de parler d’eux au sortir de performances marquantes. Pour Cédrine Kerbaol : humilité et esprit d’équipe, voilà les seuls maîtres-mots qui vaillent : « Ce que je retiens, c’est le travail collectif, qui a été exceptionnel. Avec mes coéquipières, l’entente a été aussi bonne en dehors que sur le vélo. On a aussi montré aux autres équipes qu’elles pouvaient avoir peur de nous à l’avenir. L’an prochain, on reviendra plus fortes », a-t-elle notamment déclaré, dans des propos relayés par RMC. De bon augure pour la suite.