Elle revendait les uniformes du personnel et des articles achetés à des prix préférentiels : licenciée, la directrice adjointe d'un magasin Gucci réclame 124 588 euros de dédommagements
À Paris, une directrice adjointe de boutique Gucci a été licenciée pour faute grave après avoir revendu un sac de son uniforme sur Videdressing avec une facture falsifiée. Contestant son renvoi, elle a réclamé plus de 124 588 euros aux prud'hommes, mais a été déboutée en appel et condamnée à payer 300 euros de frais de procédure.
Un sac à main de luxe lui aura coûté son emploi. À Paris, la directrice adjointe d’une boutique Gucci située dans le 8e arrondissement a été licenciée pour faute grave après avoir revendu sur un site de revente de luxe un sac issu de sa tenue professionnelle. Contestant son renvoi, elle a réclamé plus de 124 588 euros aux prud’hommes. Elle a été déboutée en première instance comme en appel, et condamnée à payer 300 euros de frais de procédure à son ancien employeur.
Début 2016, la cadre met en ligne un Gucci Disco Bag sur le site de revente Videdressing, comme le raconte le média spécialisé Cadremploi. Le modèle fait partie de l’uniforme fourni par l’enseigne à ses salariées. En mai, une acheteuse, cliente fidèle de la marque, s’intéresse au sac mais tique : le modèle ne correspond à rien dans le catalogue officiel. La vendeuse lui explique qu’il s’agirait d’une ancienne création, signée par un précédent directeur artistique, et joint un duplicata de facture pour étayer ses dires.
L’acheteuse finalise l’achat, mais le doute persiste. Après quelques recherches, elle découvre que la mystérieuse vendeuse est en réalité la directrice adjointe d’une boutique parisienne Gucci. Elle contacte alors l’enseigne, puis se rend en magasin pour faire authentifier son acquisition.
Elle falsifiait des factures pour ses reventes
Le verdict tombe : le sac est bien authentique… mais il provient de l’uniforme des salariées, donc d’un matériel mis à disposition par l’employeur, et non d’un article destiné à la revente. Quant à la facture, elle est falsifiée : il s’agit d’une réimpression modifiée d’une vente en boutique, transformée en "duplicata" pour donner l’illusion d’un achat personnel.
Début juin 2016, la directrice adjointe est convoquée à un entretien préalable, puis licenciée pour faute grave. Outre cette vente, l'enseigne lui reproche de multiples reventes d'articles achetés à prix réduits lors de ventes réservées au personnel, la revente de pièces d'uniformes féminins et masculins ainsi que l'utilisation d'un duplicata de facture falsifié. La salariée a reconnu les faits.
Comme le rappelle un avocat spécialisé à Cadremploi, les uniformes remis par l’employeur restent, sauf disposition expresse contraire, la propriété de l’entreprise. La directrice adjointe a néanmoins tenté de faire annuler son licenciement en justice. Elle a plaidé la bonne foi, mettant en avant son ancienneté et l’absence de sanction antérieure.
Des arguments largement balayés par la cour. Le règlement intérieur interdisait d’emporter du matériel sans autorisation, et la salariée n’avait pas quitté ses fonctions au moment des faits. Surtout, l’opération n’avait "rien d’isolé".