Emmanuel Macron appelle à l'unité après l'attaque "terroriste raciste" de Trappes
"Ce qui s'est passé aujourd'hui, c'est un attentat terroriste, raciste." Le président Emmanuel Macron n'a pas laissé de place au doute vendredi soir sur les lieux de la fusillade survenue dans deux communes des Yvelines ce matin.
Plus tôt dans la journée, vendredi 23 octobre au matin, un homme a ouvert le feu sur la voie publique à Trappes et à La Verrière, faisant un mort et cinq blessés, dont une enfant de 12 ans.
Le président de la République, venu échanger avec les primo-aidants, le procureur, le maire de Trappes et le préfet, a appelé devant la presse à "la concorde" et à "l'unité". "Ni la peur, ni la colère", a-t-il martelé. Il a notamment affirmé avoir échangé avec une femme, "une maman" dont "la voiture a été criblée de balles par ce terroriste" et qui était présente "avec sa fille de 12 ans" durant la fusillade.
À lire aussiCirconstances, suspect, mobile... ce que l'on sait sur la fusillade à Trappes
Le suspect, Kévin T., 39 ans, avait également piégé avec trois bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur son appartement situé à Plaisir, à quelques kilomètres des communes de Trappes et de La Verrière où s'est déroulée l'attaque, selon le Parquet national antiterroriste (Pnat), qui s'est rapidement saisi des faits.
L'homme a été interpellé à Coignières (Yvelines) et placé en garde à vue, tout comme un membre de son entourage familial direct, a annoncé le Pnat.
Une attaque qui marque un "tournant" pour le chef de l'État
En visite à Trappes, le président Emmanuel Macron, qui a notamment rencontré des secouristes et des habitants, a parlé d'un "tournant".
"C'est la première fois qu'il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne", a-t-il développé.
Après avoir été accusé sur les réseaux sociaux d'occulter par cette formulation notamment les attentats commis en 2012 par Mohammed Merah, qui a tué sept personnes dont trois enfants d'une école juive, l'Élysée a assuré que le chef de l'État n'oubliait "pas l'ensemble des attentats antisémites qui ont endeuillé notre pays".
"Le chef de l'État parle bien évidemment du premier attentat raciste sur le fondement de la couleur de peau commis dans notre pays, ainsi qu'il l'a précisé au début de son intervention", souligne l'Élysée.
Emmanuel Macron a de son côté justifié sa qualification par "une préméditation" de la part du suspect mais aussi par les "propos qu'il a tenus et qui ont été très clairement consignés". "Il a épargné des gens en raison de leur peau (...) et il a assumé son acte", a ajouté le président de la République.
Condamnant un "crime terroriste", le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui s'est également rendu plus tôt dans la journée à Trappes, a fait état d'une personne tuée et de cinq grièvement blessées. Parmi les blessés figure une enfant de 12 ans.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a de son côté assuré que "l'ensemble des moyens des forces de sécurité et de l'autorité judiciaire sont pleinement mobilisés".
Réactions de l'ensemble du spectre politique
De nombreuses personnalités politiques ont condamné l'attaque. "Le racisme tue" a dénoncé le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. "Face à ce crime odieux, tous les êtres humains se souviennent qu'ils sont semblables en se voyant tous horrifiés et indignés", poursuit-il sur X.
De son côté, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen a évoqué sur X des "premiers éléments de l'enquête (...) révélant un acte criminel de nature terroriste aggravé par le mobile abject du racisme." "La justice se devra d’être implacable", a-t-elle conclu.
Avec AFP