Masques chirurgicaux sur le visage et slogans pour réclamer la démission du Premier ministre… En Albanie, plusieurs milliers de manifestants, jeunes femmes en tête, se sont rassemblés samedi à Tirana. Ils dénoncent les mauvaises conditions d'études et la corruption.

Publié le : 24/10/2026 - 19:39

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L'étincelle de la contestation en Albanie a été un projet touristique lié au gendre de Donald Trump, Jared Kushner, prévu dans une zone naturelle protégée. Il avait été présenté pour la première fois en 2024. Mais c'est l'apparition, fin mai, de barbelés sur les plages de Zvernec, à 150 km au sud-ouest de Tirana, qui a tout déclenché.

Mais depuis la mi-octobre, des étudiants et lycéens ont rejoint la contestation à la faveur de la rentrée, semblant donner un nouvel élan au mouvement en cours depuis plus de 130 jours. Alors qu'il est resté pacifique pendant des mois, des violences ont émaillé les manifestations depuis mi-octobre.

Alors qu'il est resté pacifique pendant des mois, des violences ont émaillé les manifestations depuis mi-octobre. Samedi, à peine une demi-heure après le début du rassemblement à 14h (12h TU) devant le ministère de l'Éducation, un petit groupe de manifestants a jeté des pavés sur l'édifice, selon l'AFP.

Les forces de l'ordre ont activé des canons à eau, lancé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. La police anti-émeute et une unité d'intervention spéciale ont été déployées aux abords de bâtiments officiels. De nombreux magasins ont tiré le rideau. Des feuilles de papier A4 scotchées sur certains d'entre eux disent : « Pas touche, nous sommes avec vous ». Le 13 octobre, des devantures avaient été brûlées.

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L'opposition aux côtés de la jeunesse

Nikola Kedih, vice-président du Parti démocratique, a défilé ce samedi aux côtés de la jeunesse pour rétablir « la dignité du peuple albanais », explique-t-il auprès de RFI. « 1,1 million d'Albanais ont quitté le pays entre 2014 et 2024 pour rejoindre les pays de l’espace Schengen, rappelle le responsable politique. Les étudiants albanais qui se soulèvent aujourd’hui ne recherchent qu'une seule chose : avoir la possibilité d’étudier ici, de travailler, de vivre et de pouvoir fonder leur propre famille. »

Comme les jeunes, l'opposition dénonce la corruption dans le pays et appelle à une convergence des mouvements : « L’idée, c’est qu’une autocratie ne peut pas être renversée par un parti politique, ni par un seul groupe de la société. Il faut que toutes les forces libres de la société s’unissent. »

Peu avant les rassemblements ce matin, le Premier ministre Edi Rama a disposé devant ses bureaux sur des bancs en béton des petits papiers avec le mot « dialogue ». « Les manifestants réclament ce dialogue depuis quatre mois, mais leurs demandes sont ignorées », répond Nikola Kedih pour qui le mouvement ne s'arrêtera qu'à une condition : la démission du Premier ministre.

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