En Inde, des tripatouillages électoraux suscitent une “crise de légitimation” de la démocratie
Politique.
En rayant plus de 130 millions de personnes des listes électorales, les autorités indiennes sont sous le feu des critiques, qui remettent en question la crédibilité de la récente vague de succès dans les urnes du parti au pouvoir. L’indépendance de la commission chargée de contrôler les scrutins est mise en cause par ses propres membres.
“Sauvons la démocratie !” “Sauvez mon vote !” Ces slogans, rapporte la chaîne New Delhi TV (NDTV), ont retenti ce mardi 6 octobre dans les rues de la capitale indienne, où des membres des partis d’opposition se sont joints aux manifestants qui protestent depuis plusieurs jours contre des soupçons de manipulation du corps électoral. Parmi eux, Rahul Gandhi, le chef du Parti du Congrès, la principale formation d’opposition, a été interpellé et détenu par la police.
C’est le quotidien The Indian Express qui a révélé, le mois dernier, de multiples irrégularités autour de la révision intensive spéciale (RIS). Lancé à l’occasion des élections régionales de l’État du Bihar, dans le nord du pays, en juin 2025, cet exercice mené par la Commission électorale indienne (CEI) devait “constituer en principe une simple mise à jour des listes électorales”, visant à supprimer les doublons ou les électeurs décédés. Étendu ensuite à l’essentiel du territoire, le processus a abouti aujourd’hui à la radiation de 133,7 millions d’électeurs, soit près de 15 % du corps électoral. Certains, radiés pour cause de décès, contestent cette décision en arguant qu’ils sont bien vivants.
Et, ô surprise, le Bihar, qui était tenu depuis deux décennies par un parti social-démocrate, a basculé cette fois dans l’orb
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