"En trois ans, je n'ai pas réussi à me verser un salaire" : pour la date anniversaire de son inauguration, cette boutique de gâteaux sur mesure est contrainte de fermer ses portes près d'Agen
l'essentiel Pour l'anniversaire de ses trois ans d'existence, la boutique Sweet Délices, installée à Boé (Lot-et-Garonne), devra fermer définitivement ses portes. Même si le concept avait trouvé son public, Amélie, la gérante, ne parvenait pas à se verser de salaire. Loyer, charges, taxes... Toutes ces dépenses ont fini par peser trop lourd dans la balance. Cet anniversaire aura donc un goût amer, mais la patronne préfère retenir le positif de cette aventure.
Amélie Grondin s'apprête à fêter un drôle d'anniversaire. Sweet Délices, sa boutique spécialisée - entre autres - dans la réalisation de gâteaux sur mesure située à Boé, célèbre ses trois ans d'existence le samedi 26 septembre. Pour fêter ça, on pourrait imaginer quelques bougies soigneusement plantées dans une majestueuse pièce montée. Hélas, il n'en sera rien. Car ce 26 septembre sera le tout dernier anniversaire de la franchise lot-et-garonnaise. À cette date, elle baissera définitivement le rideau.
Reconversion pour une aventure plus sucrée
Pourtant, trois ans plus tôt, l'histoire était belle. La Villeneuvoise d'origine officie en tant qu'assistante maternelle. En parallèle, son amour pour la pâtisserie flambe. À tel point qu'elle plaque tout pour en faire son métier à plein temps. "J'ai voulu tenter l'expérience, retrace la pâtissière. J'avais peur de regretter si jamais je ne me lançais pas."
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Au départ, tout semble fonctionner comme sur des roulettes. Entre les commandes de gâteaux, les achats d'ustensiles et accessoires en boutique, les ateliers pâtisserie et les anniversaires pour les enfants, le concept séduit. Rapidement, Élodie, son employée, grimpe dans le train. Employée ? "C'est plutôt mon binôme", reprend Amélie. Cette arrivée est de loin le meilleur souvenir qu'elle conserve de ces trois dernières années. "On formait une bonne équipe, sourit-elle. Ça m'a permis de faire ce que j'aimais vraiment." Le duo décroche même une poignée de médailles lors d'un prestigieux concours international de cake design à Birmingham (Angleterre). Bref, une "belle aventure humaine", si la Lot-et-Garonnaise devait résumer.
Impossible de se verser un salaire
Mais voilà tout. Une tache noircit le tableau aux allures de conte de fées. Et pas des moindres, puisqu'elle concerne le nerf de la guerre : l'argent. Depuis l'ouverture de Sweet Délices, la gérante ne parvient pas à glisser le moindre euro dans sa poche. De quoi lâcher l'affaire ? Pas question. Cependant, au fil du temps, le problème persiste. La fréquentation baisse. Le loyer, les charges et les taxes pèsent lourd. L'étau se resserre.
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En novembre 2025, la boutique est placée en redressement judiciaire. À contrecœur, de toute évidence. Mais la situation ne laisse pas trop le choix à la patronne. Le tribunal de commerce lui donne un an pour redresser la barre. Véritable occasion de se relancer ou symbole d'un point de non-retour ? Malheureusement, la suite de l'histoire penchera en la faveur de la seconde option. "Cet été 2026, c'était désertique, regrette Amélie Grondin. La baisse de fréquentation des ateliers était visible depuis quelque temps. Certains clients devaient faire près d'une heure de trajet aller-retour pour venir. Avec le prix de l'essence, ajouté à celui de l'activité, ça pouvait finir par être trop cher."
"Grâce à nous, plein de gens ont repris goût à la pâtisserie"
Le 8 septembre dernier, la sentence tombe : le tribunal de commerce prononce la liquidation judiciaire. "En trois ans, je n'ai pas réussi à me verser un salaire, confie Amélie. J'avais juste assez pour payer Élodie. Pour faire vivre mon foyer, je prenais sur mes économies. Mais ça ne pouvait pas continuer comme ça." L'instance lui accorde le droit d'accueillir les clients et d'honorer les dernières commandes jusqu'au samedi 26. Un anniversaire au goût amer, certes. Malgré tout, la pâtissière préfère retenir le bon côté. "Tout ça ne va pas tomber au fond du puits, positive-t-elle. Grâce à nous, plein de gens ont repris goût à la pâtisserie."
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Amélie range donc ses moules et ses poches à douille avec la satisfaction d'avoir adouci son quotidien entre les murs rose et blancs de son local. Désormais, pour la mère de famille, la priorité est à la recherche d'un nouvel emploi afin d'engranger quelques sous. Pour le reste, elle préfère laisser la pâte reposer un certain temps.