Publié aujourd'hui à 19h58

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Boris Kharlamoff, avec Jo.B. et AFP

Image d'illustration du Palais de justice de Grenoble

Image d'illustration du Palais de justice de Grenoble - RMC

Le parquet de Grenoble a fait savoir que "la mise en cause a été entendue cet après-midi et a reconnu les propos tenus en expliquant le contexte dans lesquels ils avaient été prononcés".

Une enquête, confiée à la Brigade de gendarmerie des Deux Alpes, a été ouverte ce samedi 15 août du chef de "provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine ou de la religion", après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo jugée antisémite, a fait savoir à BFMTV le parquet de Grenoble.

Publiée vendredi sur X, la vidéo du compte Jugé coupable, qui dit "lutter contre la haine en ligne", est rapidement devenue virale. Elle dépassait les 790.000 vues samedi vers 18H30.

"Vous êtes trop nombreux"

On peut y voir une dame qui travaille dans une buvette des Deux-Alpes (Isère) s'adresser à un client qui la filme. Elle se plaint de la présence qu'elle juge excessive de personnes de la communauté juive dans la station:

"Vous êtes trop nombreux!", dit la dame de la buvette au début de la vidéo. Son interlocuteur lui demande alors: "C'est qui 'On est trop nombreux', madame?". La dame lui répond: "La communauté juive, vous êtes trop nombreux!". L'homme répond: "Et alors?", tout en continuant de la filmer. "Et alors? C'est qu'à un moment donné, ça excède les gens", dit-elle.

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Une dame à côté prend la parole: "C'est son commerce, elle fait ce qu'elle veut, c'est ses chaises et ses tables", poursuit-elle.

L'homme répond alors : "Non, elle ne fait pas ce qu'elle veut Madame, il y a des lois! De dire qu'on est trop ici, et qu'on excède parce qu'on est des juifs". La gérante de la buvette répond à ce moment-là: "Alors déformez...", avant d'être interrompue par son interlocuteur, qui lui dit: "Pas grave, vous allez faire le buzz!".

Un grand séminaire du Beth Loubavitch

Dans un tweet Laurent Nuñez a annoncé l'ouverture d'une enquête, assurant que la personne concernée devra répondre des propos tenus, que je condamne fermement, et qui n’ont pas de place dans notre République".

Aurore Bergé, la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, a elle indiqué dans un communiqué de presse que "ces actes et propos antisémites ne sauraient être tolérés". Elle a également indiqué qu'elle avait échangé avec la préfète de l’Isère à laquelle elle a demandé de procéder à un signalement au procureur de la République (via un article 40).

La station des Deux Alpes accueille actuellement le grand séminaire d'été européen du Beth Loubavitch, une organisation juive, rassemblant plusieurs centaines de personnes.

Selon une source proche de l'enquête à BFMTV, la terrasse de cette petite buvette est rapidement saturée à l'occasion de cet événement. Plusieurs familles s'y pressent alors qu'il n'y a que très peu de tables.

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Depuis le 7-Octobre, les Français juifs face à une nouvelle vague d’antisémitisme

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Dans la vidéo, on entend une dame dire "c'est ses chaises et ses tables", ce qui peut laisser penser que l'échange entre la gérante et le monsieur porte sur l'accès à la terrasse, selon une source proche de l'enquête à BFMTV.

Le problème porte-t-il alors sur la saturation de sa terrasse ou refuse-t-elle de servir ce client car il appartiendrait à la communauté juive? "Il faut faire preuve de prudence dans cette affaire, les investigations vont devoir éclaircir tout cela", souffle une source proche de l'enquête à BFMTV.

Le parquet de Grenoble a fait savoir que "la mise en cause a été entendue cet après-midi et a reconnu les propos tenus en expliquant le contexte dans lesquels ils avaient été prononcés". Il a ajouté que "des témoins doivent encore être entendus", et qu'en attendant "aucune décision n'a été prise par le parquet à l'issue de son audition".