Le voisin qui en avait marre des aboiements de chiens adopte un coq qui chante : le quartier n'en peut plus
Le conflit de voisinage s’est envenimé et les habitants d’un quartier de Vilablareix, en Espagne, n’en peuvent plus. Il y a plus d’un an, ils s’étaient d’abord plaints des aboiements des chiens d’un voisin, raconte le journal catalan Diari de Girona.
Le voisin désigné pour jouer les médiateurs avec les propriétaires des chiens ne réussit pas à résoudre le problème. Et décide d’installer un poulailler chez lui, une décision aux airs de vengeance.
Un haut-parleur pour diffuser le chant du coq ?
Depuis huit mois, les habitants de la rue Farigola entendent donc un coq chanter pendant la journée, mais aussi la nuit. Certains affirment même qu’un haut-parleur diffuserait le chant du gallinacé. Ce dernier point est toutefois contesté par le voisin au coq, qui affirme que les policiers catalans sont venus chez lui à quatre reprises sans trouver trace d’un tel dispositif.
Le voisin nie aussi tout désir de vengeance envers les aboiements de chiens. Il explique que la situation est parfaitement légale, même si elle dérange visiblement ses voisins. « Nous parlons de personnes âgées qui ne savent pas si elles pourront dormir paisiblement chez elles, expliquent des résidents. Ces voisins vivent ensemble ici depuis plus de 40 ans. »
Une pétition signée par 27 voisins : « Ils nous ont dit qu'ils ne pouvaient rien faire »
Plusieurs réunions ont eu lieu avec la municipalité. Les résidents expliquent avoir documenté les nuisances avec de nombreuses vidéos. Une nouvelle plainte signée par 27 voisins a été déposée au conseil municipal en début de semaine. « Ils nous ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire », se désolent les voisins au cœur d’un drôle de conflit depuis plus d’un an.
En France, le chant du coq est désormais un « patrimoine sensoriel »
Les problèmes de chant du coq, c'est un classique à la campagne... mais pas que. À Saint-Étienne en 2021, une école avait installé un poulailler dans le cadre d'un projet pédagogique. Les deux coqs avaient dû plier bagage après les plaintes du voisinage, au grand désarroi des enfants.
Mais l'affaire la plus célèbre avait eu lieu à l’île d’Oléron, où les plaintes concernant le chant du coq Maurice avaient abouti à une polémique nationale. Le procès de l'animal avait tourné en sa faveur, le tribunal considérant que la nuisance n'était pas excessive. Stéphane Bern avait appelé à ce « qu'on remette des coqs partout », tandis qu'une loi avait fini par consacrer le « patrimoine sensoriel » des campagnes.
Elle avait notamment servi à débouter un couple de résidents de Saône-en-Loire, qui se plaignait des nuisances sonores générés par le coq de leur voisin. « J’admets fort bien que le chant du coq fait pleinement partie de la vie campagnarde mais ici, nous sommes en ville », arguait le plaignant, père de famille. En décembre 2025, le tribunal avait considéré que le quartier pouvait être considéré comme un hameau en coeur en cœur de campagne. Et le chant des coqs y était donc reconnu comme « patrimoine sensoriel ».