Et si on pouvait un jour intervenir, avant l'apparition des premiers symptômes, chez les personnes à haut risque de développer la maladie d'Alzheimer
À force de chercher un traitement contre la maladie d'Alzheimer, on finira bien par trouver un jour une manière de dépister cette pathologie neurodégénérative qui fait des ravages. Tel est en tout cas l'espoir d'un essai qui repose sur une innovation récente et déterminante : l'identification précoce des patients grâce à des marqueurs sanguins. Aujourd'hui en effet, ces tests permettent de détecter, de façon non invasive, les signes biologiques de la maladie plusieurs années avant l'apparition des troubles de mémoire ou des changements de comportement, notamment dans les cliniques de la mémoire et les centres de recherche universitaires belges.
Baptisé PrevenTRON et présenté à l'AAIC 2026 (Alzheimer's Association International Conference), qui s'est tenu du 12 au 15 juillet à Londres, l'essai en question prévoit d'inclure 1 600 personnes cognitivement indemnes identifiées comme à haut risque de progression vers une forme symptomatique d'Alzheimer grâce à un biomarqueur sanguin, le pTau217.
Des chercheurs ont réussi à inverser les symptômes de la maladie d'Alzheimer. Une découverte "spectaculaire" et "enthousiasmante"Agir en amont
"L'objectif principal est de mesurer le temps jusqu'à la progression clinique confirmée, afin d'évaluer si le traitement peut réellement retarder l'apparition des symptômes, expliquent les chercheurs. L'ambition de ce traitement dépasse donc les approches thérapeutiques actuelles. Il ne s'agit plus uniquement de ralentir ou d'atténuer les symptômes, mais bien d'agir en amont".
Quant à savoir plus précisément en quoi consiste cette dernière phase de l'essai clinique, elle vise à "démontrer qu'il est possible de retarder, voire d'empêcher, l'apparition des symptômes cliniques qui impactent le quotidien des patients et de leurs proches".
Un moment charnière
Pour la Fondation Stop Alzheimer, engagée dans le financement de la recherche scientifique en Belgique depuis 1995, "nous sommes à un moment charnière. Grâce aux progrès du diagnostic, notamment via les biomarqueurs sanguins, il devient possible d'identifier les personnes à risque élevé bien avant les premiers signes visibles. Cela ouvre la voie à des traitements qui visent à prévenir l'expression de la maladie, et non plus seulement à en atténuer les effets". C'est aussi pour la Fondation, une transformation profonde de la recherche : "Nous passons progressivement d'une médecine réactive à une médecine anticipative. C'est une évolution fondamentale, rendue possible grâce à des années d'investissements dans la recherche et à la mobilisation de nos donateurs".
"Un jour de février 2021, je me suis rendu compte que quelque chose ne tournait pas juste dans ma tête"Pour rappel, la phase 3 d'un essai clinique constitue la dernière étape avant une éventuelle mise sur le marché. Elle doit confirmer, à grande échelle, l'efficacité et la sécurité du traitement chez des patients présentant un risque avancé de développer la maladie d'Alzheimer.
"Alors qu'une augmentation de plus de 64 % du nombre de cas de la maladie d'Alzheimer est attendue en Belgique d'ici 2050, cette approche pourrait, à terme, changer radicalement la trajectoire de la maladie — en intervenant avant que les symptômes ne bouleversent la vie des patients et de leurs familles", estime encore la Fondation Stop Alzheimer.
Forte hausse du nombre de cas de la maladie d'Alzheimer en Belgique à l'horizon 2050Reconnue d'utilité publique depuis 1995, elle finance des projets de recherche scientifique innovants visant à mieux comprendre, détecter précocement et prévenir la maladie d'Alzheimer. Grâce au soutien de ses donateurs, la Fondation contribue activement à faire émerger des solutions concrètes pour les patients et leurs proches. À ce jour, elle a investi plus de 44 millions d'euros dans la recherche menée en Belgique.
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