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Zabou Breitman et Arnold Turboust

© Hélène Pambrun / Paris Match

Fanny Mazalon 18/10/2026 à 19:24, Mis à jour le 18/10/2026 à 19:24

Quarante ans après le tube « Adélaïde », le musicien a reformé un duo avec la comédienne sur son nouvel album, « La vie romantique ».

Fin de l’été 1986. Voilà des semaines que « Les démons de minuit » dominent le Top 50, que Jean-Jacques Goldman caracole en tête des ventes d’albums avec « Non homologué » et que la France tombe amoureuse du raï grâce à Rachid Taha. Pendant ce temps-là, sorti de nulle part et ne ressemblant à rien d’autre, un ovni passe à la radio, encore et encore. Le rythme est lent, la mélodie est douce, les paroles sont naïves. La recette fonctionne. Avec « Adélaïde », Arnold Turboust, épaulé par Zabou Breitman, crée sans avoir l’air d’y toucher un tube. Puis ils ont pris des directions opposées. Zabou est ­devenue l’immense comédienne que l’on connaît, et Arnold sort son septième album, « La vie romantique ». Sur le morceau « King Size », les complices se retrouvent : « Quand j’ai écrit ce titre, je me suis dit qu’il se prêtait à un duo, explique Arnold. Et comme il s’inscrit dans la continuité d’“Adélaïde”, alors ça ne pouvait être que pour Zabou. »

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Dès leurs retrouvailles musicales en studio, les souvenirs ont jailli : leur rencontre grâce à la scénariste Annie Amsellem et au chanteur Étienne Daho, dont Turboust est proche, la naissance d’une bande de copains, puis la promesse faite un beau jour par Arnold d’écrire des chansons pour Zabou. Sans formation aucune, à part quelques expériences avec « Récré A2 » et le film « Billy Ze Kick », elle accepte de prêter sa voix. « Être chanteuse ne m’aurait pas déplu, reconnaît-elle. J’aurais aimé prendre des cours, mais je n’étais pas très bonne. » De son côté, Arnold avait en tête une idée bien précise : « Je voulais produire une chanson sur une femme qui se refuse à un homme. Un ami, l’auteur Benjamin Minimum, a écrit les paroles avec moi. Le titre devait d’ailleurs être “Pour une jolie petite vipère”, heureusement qu’on l’a changé ! » Dopé par une pulsion créatrice, le petit groupe se lance dans le tournage d’un clip et demande au réalisateur Christopher Smith d’en prendre les commandes.

« Cette chanson était complètement à part pour les années 1980, un poisson hors de l’eau »

D’une qualité aujourd’hui désuète, la vidéo conserve une place spéciale dans la mémoire des deux artistes : « Je la regarde avec beaucoup de tendresse, avoue Zabou. Elle ne ressemble à rien, mais j’adore la revoir. Je me souviens très bien du tournage. Moi, dans ma grande robe, lui dans son costume de laquais… On avait ri toute la journée dans ce carrosse. » Au milieu de ces flashs du passé, une ombre demeure. Ni l’un ni l’autre n’a oublié que, ce jour-là, un coup de téléphone leur apprenait la mort de leur ami Coluche : « L’enthousiasme général était redescendu subitement », se souviennent-ils. Les jours passent, la chanson est diffusée à la radio. La semaine du 21 septembre 1986, « Adélaïde » se hisse à la 23e place du Top 50. Une victoire pour celui qui fit ses armes auprès de la scène new wave rennaise à la fin des années 1970. Arnold en fut le premier surpris : « Cette chanson était complètement à part pour les années 1980, un poisson hors de l’eau. Ça a rendu son succès d’autant plus magique. » Le musicien n’a jamais renoué avec ce genre de réussite, mais a continué à défendre haut et fort une certaine idée de la pop à la française. Entre élégance et gravité, unique et romantique.

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« La vie romantique » (Fontana/Universal), sortie le 16 octobre. En concert à Paris (Le Trianon), le 7avril 2027.

© DR

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