A Paris, avec ces fidèles qui ont assisté de loin à la messe du pape Léon XIV
Lou Momege
Publié le 26/09/2026 à 20h35 • Mis à jour le 26/09/2026 à 21h44
L'essentiel
- Au cours de sa visite en France, le pape Léon XIV a célébré une messe place de la Concorde, à Paris, ce samedi après-midi.
- Plus de 800.000 fidèles étaient réunis le long des Champs-Elysées et de l’avenue de la Grande-Armée, située dans la continuité, derrière l’Arc de Triomphe.
- Cette procession s’étendait sur près de quatre kilomètres et des écrans géants ont permis aux spectateurs les plus éloignés de suivre la cérémonie.
«On pensait être dans le secteur B, au niveau de Franklin Roosevelt, et on s’est fait refouler. On n’avait pas les bons billets. » Léopold et Isabelle, un couple de Franciliens, font partie des fidèles qui se sont retrouvés dans la zone la plus éloignée de la place de la Concorde, là où le pape a célébré une messe, ce samedi après-midi. Plus de 800.000 fidèles étaient réunis sur les Champs-Elysées et même derrière l’Arc de Triomphe, avenue de la Grande-Armée.
C’est dans cette zone, à quelques pas de la Porte Maillot, que le couple de retraités s’est finalement établi. Mais pas de quoi entacher leur bonne humeur : « Il y a l’écran géant et on a nos téléphones », se rassure Isabelle. « L’important c’est d’être avec plein de personnes, parce qu’on forme un groupe, une communauté tous ensemble, c’est extraordinaire », ajoute son mari, un drapeau du Vatican piqué à l’arrière de sa casquette.
« Venez, on chante »
Ils sont surtout très heureux de pouvoir participer à une messe du pape. Son sourire, sa voix « posée », son calme… Isabelle ne tarit pas d’éloges au sujet de Léon XIV. Léopold renchérit : « On a besoin de sa simplicité, de son humilité. Il est entouré de millions de gens, mais c’est comme s’il était entouré d’une dizaine de personnes ».
Un peu plus haut sur l’avenue de la Grande-Armée, des familles ont pris leur quartier : des tapis de yoga et des couvertures jonchent le sol, des enfants jouent, quand d’autres colorient des dessins du blason de Léon XIV. Quand la papamobile entame sa descente des Champs-Elysées, les yeux se rivent sur le grand écran. « Il a l’air trop chou, le pape », lance une adolescente venue avec un groupe d’amis.
Même s’ils sont comme au fond de la classe, pas questions pour ces jeunes Catholiques d’être dissipés. Tous ont entre leurs mains un petit livre de prières, distribué par les bénévoles du diocèse de Paris. Quand les premières commencent, l’ambiance se fait plus sérieuse. « Chut ! Venez, on chante », recadre une des jeunes filles du groupe. Vient le moment où Léon XIV gagne l’autel érigé à environ quatre kilomètres, plus bas sur les Champs-Elysées. Il procède au signe de croix et le silence est immédiat. On n’entend plus qu’un hélicoptère qui survole la zone. La messe commence.
« Réunis autour d’un lien commun »
Malgré une heure et demie de prières et de chants, « on n’a pas vu le temps passer », assure Ingrid et sa fille Elora. Autour de son cou, l’adolescente porte un petit chapelet et une imposante croix en bois. « C’est une vraie communion avec tout le monde et beaucoup d’émotions », raconte la mère de famille, qui n’a pas été dérangée par la distance. « Le fait que tout le monde chante ensemble, c’est vraiment beau », s’émerveille encore sa fille.
Un sentiment partagé par Shifra et sa famille. « Même si on n’a pas eu de billets, le fait d’être ensemble nous a suffi », affirme la jeune femme, accompagnée de ses quatre frères et sœurs, et de leur mère. Pour l’occasion cette dernière a même trouvé une tunique à l’effigie du pape Léon. Dès 10 heures du matin, la petite troupe était déjà sur place « collée contre les barrières », pour voir au mieux l’écran géant derrière l’Arc de Triomphe. « C’était un peu long mais ça en valait la peine, parce que ce n’est pas quelque chose qui arrive tous les jours », glisse Shifra.
Pas besoin d’être aux pieds du pape, selon Shifra, pour se laisser transcender par l’émotion : « Le fait qu’on soit tous réunis autour d’un lien commun qui est le christianisme, c’est ça qui m’a le plus touchée aujourd’hui ». Shifra poursuit : « J’en parlais avec une amie et on trouvait qu’il manquait parfois un peu de solidarité entre nous. On est très solitaires, chacun est de son côté ». Après cette messe, elle en est plus convaincue que jamais, les Chrétiens devraient « former une communauté dans la vie de tous les jours ».