l'essentiel La chroniqueuse prorusse qui officiait sur la chaîne appartenant à Vincent Bolloré est visée par un arrêté d'expulsion du ministère de l'Intérieur. La Russie a officiellement réagi à l'affaire pour la première fois, ce jeudi 6 août.

Les officiels russes n'avaient pas fait de commentaire jusqu'à maintenant. La diplomatie russe a condamné ce jeudi 6 août la "persécution politique de journalistes sur la base d'accusations fallacieuses", après l'arrêté d'expulsion pris par la France contre la chroniqueuse russe pro-Kremlin Xenia Fedorova.

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"De telles actions sont incompatibles avec la rhétorique en France concernant son attachement aux principes de la liberté d’expression", a estimé le porte-parole adjoint de la diplomatie russe, Alexeï Fadeïev. "Tout point de vue divergent est qualifié de propagande russe, ce qui s'accompagne de tentatives visant à évincer des journalistes et des médias entiers", a-t-il dénoncé, évoquant une "censure des opinions ne correspondant pas à la ligne officielle". Il a aussi critiqué "l'acharnement des dirigeants français à attribuer une origine russe à tous les problèmes du pays".

Xenia Fedorova, qui intervient dans plusieurs médias, dont la chaîne CNews, est accusée par la France et son ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, d'être "un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" pour "déstabiliser l'ordre public" en France. Elle a fait l'objet les 29 et 30 juillet derniers d'arrêtés d'expulsion et de gel de ses avoirs. Elle se trouve actuellement à l'étranger.

Des risques de manipulation à l'approche de l'élection présidentielle ?

La place grandissante de Xenia Fedorova dans les médias du milliardaire conservateur Vincent Bolloré avait fait naître des craintes de manipulation du débat public, notamment lors de la campagne pour l'élection présidentielle en 2027.

Le gouvernement d’Emmanuel Macron a décidé que mes propos tenus publiquement sur les plateaux de CNEWS et d’Europe 1, ainsi que mes chroniques publiées dans les pages du JDNews, représentaient un danger immédiat pour la République, et a prononcé mon expulsion en urgence absolue.…

— Xenia Fedorova (@xfedorova) July 31, 2026

"Mon comportement (...) consiste à vivre en France depuis près de dix ans dans le respect de la loi, à payer mes impôts, mais aussi à avoir une opinion et à l'exprimer dans le cadre de mon travail de journaliste", s'était défendue sur X l'ancienne patronne de la chaîne d'État russe RT en France, dont l'antenne a été interdite dans l'Union européenne depuis mars 2022.

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Ses actuels employeurs, Canal+ et Lagardère, ont pour leur part dénoncé "une atteinte particulièrement grave à la liberté d'expression".