Famenne: un collectif pour bichonner et protéger la chevêche d'Athéna
Pour s'épanouir, la chevêche a besoin d'espaces ouverts, de cavités pour nicher et de proies en quantité suffisante. La Famenne, où l'on retrouve les communes comme Beauraing et Rochefort, répondait autrefois parfaitement à ces critères, mais la situation s'est progressivement dégradée. En 1990, on estimait à 250 le nombre de couples nicheurs dans la région. En 2012, ce chiffre était tombé à 75. Les raisons de ce déclin sont multiples, dont la disparition des cavités naturelles qui abritaient ces rapaces aux yeux d'or.
Sans un coup de pouce décisif, la chevêche aurait pu disparaître du paysage famennois. C'était sans compter sur Francis Baty, à l'origine de la création d'un groupe dédié à la protection de la petite chouette: le "Collectif Chevêches en Famenne". Les bénévoles ont agi sur l'ensemble du territoire, menant notamment des actions de sensibilisation et installant des nichoirs.
Au pied des arbres
Le collectif a également eu une idée particulièrement ingénieuse: placer des boîtes refuges au pied des arbres. Quand les jeunes chevêches sont prêtes à quitter le nid, elles passent quelques jours au sol, au pied de l'arbre natal. C'est une période où elles restent très vulnérables face aux prédateurs. Ces boîtes leur offrent un abri sûr le temps de prendre leur envol. Pour les fabriquer, le collectif a collaboré avec une ASBL de Beauraing, "Souffle un peu", qui accompagne des personnes porteuses de handicaps. Les résultats sont là. Grâce aux 340 nichoirs posés par les amoureux de l'oiseau, le nombre de couples nicheurs est passé de 75 en 2012 à 149 en 2023. Ceci constitue un bond significatif, même si les menaces pesant sur l'espèce restent nombreuses.
De l'espoir
Les nouvelles de 2026 sont particulièrement encourageantes. Les nichées ont connu une réussite exceptionnelle: 3,4 poussins en moyenne par nichée, contre 2 en 2025 et 2,2 en 2024. Au total, 314 poussins ont été bagués en Famenne, un record depuis la création du collectif. De quoi espérer une reprise des effectifs dès 2027. Ces bonnes nouvelles locales ne font pas oublier un tableau wallon bien plus sombre. En 1950, on comptait environ 12 000 couples de chevêches en Wallonie. En 2025, il n'en restait que 2 000.
Si une lueur d'espoir naît pour la subsistance de la chevêche, c'est grâce aux efforts sans relâche menés par un collectif de bénévoles porté sur les fonts baptismaux par M. Francis Baty. Les personnes souhaitant s'engager dans cette cause peuvent contacter le 0486 42 89 78 (Collectif Chevêche en Famenne).
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