FC 27 : le passage de PEGI 3 à PEGI 16 expliqué par les loot boxes
Publié4. septembre 2026, 22:13
Jeux vidéo«FC 27» passe de PEGI 3 à PEGI 16: voici pourquoi
Loot boxes, récompenses quotidiennes ou chats non modérés: les nouvelles règles PEGI peuvent faire bondir l'âge recommandé affiché sur les jeux.


Un jeu de football autrefois considéré comme adapté aux enfants dès 3 ans peut désormais être déconseillé aux moins de 16 ans. Depuis juin 2026, le système européen de classification des jeux vidéo PEGI applique de nouveaux critères qui ne se concentrent plus uniquement sur des éléments comme la violence, le sexe ou le langage, mais prennent davantage en compte certaines mécaniques de jeu. Selon la Swiss Interactive Entertainment Association (SIEA), jusqu'à un tiers des titres évalués pourraient être concernés.
L'exemple le plus spectaculaire est celui de «EA Sports FC 27», héritier de la célèbre série «FIFA». Alors que les précédents épisodes étaient estampillés PEGI 3, le nouveau volet est désormais classé PEGI 16. Même sanction pour la série de hockey «NHL». Et ce n'est pas parce que les tacles sont devenus plus violents ou que les joueurs se battent désormais sur la pelouse.
Les loot boxes font passer «FC 27» à PEGI 16
Ce changement s'explique par la présence d'objets aléatoires payants. Dans «FC 27», les fameux packs permettent notamment d'obtenir des joueurs sans connaître précisément leur contenu avant leur ouverture. Avec les nouveaux critères PEGI, ces systèmes assimilables aux «loot boxes» entraînent désormais automatiquement une classification d'au moins PEGI 16.
Les jeux intégrant des mécanismes liés aux cryptomonnaies ou aux NFT passent encore un cran au-dessus et sont classés PEGI 18. Même chose pour les jeux de casino social. Les offres commerciales disponibles pendant une période limitée et conçues pour créer un sentiment d'urgence peuvent, quant à elles, entraîner un classement PEGI 12. Celui-ci peut toutefois être abaissé à PEGI 7, lorsque des outils de contrôle parental désactivent les dépenses par défaut.
PEGI 16: est-ce vraiment interdit aux moins de 16 ans en Suisse?
La situation juridique est particulière en Suisse. Dans le canton de Vaud, les limites d'âge applicables aux jeux vidéo sont contraignantes depuis 2006, et les professionnels qui ne les respectent pas peuvent s'exposer à des sanctions.
À l'échelle nationale, les règles sont toutefois en pleine évolution. Une nouvelle loi fédérale sur la protection des mineurs dans les secteurs du film et du jeu vidéo est progressivement entrée en vigueur, depuis 2025. Elle doit permettre d'harmoniser les classifications et les contrôles d'âge dans toute la Suisse.
Le passage de «FC 27» de PEGI 3 à PEGI 16 ne signifie donc pas forcément qu'un adolescent de quinze ans est désormais automatiquement dans l'illégalité s'il y joue. Les obligations concernent avant tout les professionnels qui vendent ou mettent les jeux à disposition des mineurs.
Se connecter tous les jours peut valoir un PEGI 7
PEGI s'attaque également aux mécanismes destinés à inciter les joueurs à revenir régulièrement. Les récompenses quotidiennes, séries de connexions et autres événements disponibles uniquement pendant une période donnée entraînent désormais une classification PEGI 7.
Et si le jeu pénalise directement le joueur parce qu'il ne s'est pas reconnecté au moment attendu, la classification peut grimper à PEGI 12. Un changement important pour de nombreux jeux en ligne et jeux mobiles qui reposent précisément sur ce type de mécanique pour fidéliser leur communauté.
Autre nouveauté majeure: la communication entre joueurs. Un titre proposant un chat vocal ou textuel sans système permettant de bloquer les utilisateurs ou sans outils de modération peut désormais être classé PEGI 18. Ainsi, un jeu au contenu visuel parfaitement adapté aux enfants peut théoriquement se retrouver réservé aux adultes en raison de ses fonctions sociales.
Jusqu'à un jeu sur trois pourrait être concerné
Selon les estimations de PEGI relayées par la SIEA, ces changements pourraient avoir un impact sur près d'un tiers des jeux actuellement soumis à classification. Certains titres pourraient donc changer radicalement de catégorie sans que leur contenu à proprement parler ait été modifié.
Une situation qui pousse la SIEA et sa plateforme de prévention PlaySmart à mettre en garde les organisateurs de salons, conventions et tournois de jeux vidéo en Suisse. Ils sont invités à vérifier la classification actuelle des titres proposés au public, à informer leurs exposants et, si nécessaire, à adapter la signalétique ou les contrôles d'accès.
Avec ces nouvelles règles, le petit logo PEGI affiché sur les boîtes et les boutiques numériques ne renseigne donc plus seulement sur ce que les joueurs vont voir ou entendre. Il reflète désormais aussi davantage la manière dont un jeu cherche à les faire jouer, dépenser ou communiquer.

Adrien Iseli (adi) est journaliste au 20 Minutes depuis janvier 2007. Intégré au pôle pilotage, il gère la homepage de 20 Minutes.
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