Finale 100 % tchèque ce samedi à Wimbledon : "Linda Noskova me fait penser à Martina Hingis"
Pour la première fois depuis la finale 100 % américaine de l'US Open 2017 entre Sloane Stephens et Madison Keys, un tournoi du Grand Chelem sacrera une joueuse à l'issue d'un duel entre deux représentantes du même pays. Ce samedi dès 17 heures, Linda Noskova (21 ans) et Karolina Muchova (29 ans) feront rayonner le tennis tchèque sur le Centre Court de Wimbledon.
Une finale 100% tchèque à Wimbledon: Linda Noskova écarte Marta Kostyuk et rejoint sa compatriote Karolina MuchovaDeux styles, deux personnalités
Dominique Monami est sortie particulièrement impressionnée de la demi-finale de Linda Noskova. Plus encore que la qualité de sa frappe, c'est son attitude qui l'a marquée.
"Elle m'a fait penser à Martina Hingis. Pas seulement physiquement, mais surtout dans son langage corporel. Ce n'est pas de l'arrogance, mais elle dégage cette impression d'être au-dessus de son adversaire. Même lorsqu'elle rate un point, elle reste persuadée qu'elle finira par gagner."
Une comparaison d'autant plus savoureuse que notre consultante ignorait que la douzième mondiale avait été formée de 3 à 19 ans par Melanie Molitor… la mère de Martina Hingis.
"Ça ne m'étonne pas du tout ! Elle possède une lecture du jeu impressionnante, une capacité à accélérer la balle et à jouer juste. Elle se met parfois elle-même en difficulté avec quelques erreurs inexplicables quand tout paraît trop facile, mais mentalement, je la trouve très solide."
En face, Karolina Muchova propose un tennis presque à contre-courant de l'époque. Là où Noskova impose un jeu direct et rapide, son aînée préfère construire les points et varier les effets.
"Elle sait absolument tout faire. Son tennis est atypique sur le circuit actuel, elle possède une excellente main et une vraie intelligence tactique. Noskova est dans l'accélération permanente, Muchova, davantage dans la finesse et la construction."
Monami souligne également l'importance de Sven Groeneveld, arrivé dans son équipe en début de saison. "Je le connais très bien, il a commencé en tant que partenaire d'entraînement de Monica Seles et possède une énorme expérience du haut niveau. C'est une vraie plus-value pour Muchova, que je ne suis pas surprise de retrouver en finale."
Groeneveld a contribué au renouveau de la neuvième mondiale, victorieuse cette année du WTA 1 000 de Doha, son plus grand titre, puis du WTA 500 de Bad Homburg.
La confiance née des titres
Les deux finalistes ne sont pas arrivées à Londres par hasard. Elles avaient déjà envoyé un sérieux avertissement avant Wimbledon en remportant chacune un tournoi sur gazon.
Si Muchova s'est imposée à Bad Homburg, Noskova s'est emparée du WTA 500 de Berlin. Deux succès qui ont confirmé leur aisance sur une surface où les joueuses tchèques excellent depuis des décennies.
"C'est presque devenu une tradition, souriait Noskova. Nous sommes formées d'une manière assez similaire. Nous sommes des joueuses créatives et le gazon permet d'utiliser toutes les facettes de notre tennis. Les slices, les volées, les changements de rythme… cette surface met nos qualités en valeur."
Une philosophie qui explique pourquoi la Tchéquie continue d'empiler les championnes sur le gazon londonien. Après Jana Novotna (1998), Petra Kvitova (2011, 2014) ou plus récemment Marketa Vondrousova (2023) et Barbora Krejcikova (2024), une nouvelle lauréate rejoindra la prestigieuse liste.
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Si huit années les séparent, Noskova et Muchova se connaissent parfaitement. Elles ont partagé le même vestiaire en double lors des Jeux olympiques de Paris 2024, battues par la paire Bucsa-Sorribes Tormo pour le bronze, et se sont encore entraînées ensemble à Wimbledon avant leurs demi-finales. Leur unique duel sur le circuit, à l'US Open 2025, avait tourné à l'avantage de Muchova en trois sets.

Pour notre ancienne n°1 belge, cette proximité change profondément la nature d'une finale.
"Ce ne sont généralement pas les plus beaux matchs à regarder. Quand tu affrontes une joueuse de ton pays, c'est toujours différent. Vous vous connaissez par cœur, vous avez partagé beaucoup de choses. À ce niveau-là, tout devient mental. Celle qui gagnera ne sera pas forcément celle qui jouera le mieux, mais celle qui résistera le mieux sur le plan mental."
L'ancienne n° 9 mondiale en veut pour preuve ses nombreux duels face à Sabine Appelmans ou les affiches entre Kim Clijsters et Justine Henin, souvent transformées en véritables batailles psychologiques.
Quoi qu'il arrive, Wimbledon sacrera ce samedi une nouvelle reine. Muchova avait déjà goûté à une finale de Grand Chelem à Roland-Garros en 2023, Noskova découvrira cet exercice inédit. Pour l'une comme pour l'autre, l'occasion est unique d'inscrire définitivement son nom dans l'histoire.
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