Foot féminin – Le Stade Mouscronnois apprend la N1 dans la douleur : "Les filles doivent me montrer plus de caractère", confie la coach Stéphanie Weens
Promu en N1 après ses deux montées d'affiliée, le Stade Mouscronnois est en train de découvrit une réalité bien plus exigeante depuis le début de la saison. Après trois journées, les Hurlues courent toujours après leur premier point et restent notamment sur un lourd revers 7-1 à Louvain B. Une entame de championnat forcément délicate, sur lequel la coach Stéphanie Weens revient sans détour.
Stéphanie, avec trois défaites de suite, avez-vous déjà pu poser un diagnostic concret sur le mal qui ronge votre équipe ?
Plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte. Il y a en premier lieu le fait que, si je m'attendais à une différence de niveau entre la série IP et la N1 au regard de ce que j'avais vu des deux derniers matches de la défunte saison, je ne pensais pas que cet écart serait si grand. Je dois avouer que je suis la première surprise de la qualité des adversaires! Ensuite, je suis désagréablement surprise du niveau actuel de mon groupe. On n'est pas en état de marche! On doit encore énormément apprendre, retrousser nos manches pour pallier cette différence de niveau qui est trop criante.
Et selon vous, où les manquements sont-ils les plus urgents à venir combler ?
Tactiquement, on doit encore beaucoup bosser. En N1, on ne peut plus compter sur les exploits individuels de certaines. Ce serait bien trop facile.
Mais le fait que vous arrivez en tant que nouvelle coach peut-il constituer une excuse ?
Si vous voulez parler de temps d'adaptation à une nouvelle méthode de travail, on peut le concevoir! Mais ça reste une excuse temporaire. À un moment, il faudra que les filles apprennent de leurs erreurs. Car on a une obligation de résultat. Le maintien dans la division, on se doit de l'assurer.
Dans cette optique, les trois défaites vous inquiètent-elles ?
Si une réaction arrive dans les semaines à venir, non ! Aussi bien à Hasselt que contre Zulte-Waregem et Louvain, on a connu trois scénarios contre nous en se retrouvant notamment deux fois en infériorité numérique. Ce qui a compliqué l'affaire ! Mais s'arrêter à un tel constat ne me suffit pas car, derrière, il y a des choses qui ne me plaisent pas. Et je parle de l'attitude générale !
Mentalement, cela baisse trop vite la tête, ce qui expliquerait notamment le 7-1 encaissé du côté de l'OH Louvain B ?
Après le 2-0, les têtes étaient basses et les bras ballants. Les filles ont un mental trop fragile actuellement... Elles sont trop vite dans le dur. Et les erreurs s'accumulent alors car il y a un manque de concentration. À Louvain B, les troisième et quatrième buts sont donnés à l'adversaire qui n'a eu ni besoin d'un exploit personnel ni d'une action collective bien construite. À 4-0 à la pause, j'ai pesté contre cette attitude négative en insistant sur le fait que tous les détails comptaient à ce niveau et que ça nous coûtait trop cher.
L'apprentissage àa la N1 ne risque-t-il pas d'être long ?
Peut-être mais il faut qu'elles apprennent bien plus vite car on n'a pas vraiment le temps. Cette semaine, on est ainsi reparti sur des choses très simples pour remettre chacune dans le droit chemin.
Après 4-0, 0-1 et 7-1, peut-on déjà parler d'un problème défensif ou est-il encore trop tôt pour tirer des conclusions ?
Il y a en tous les cas un souci de stabilité défensive qui n'est pas dû qu'à la seule ligne arrière. Le problème est collectif. Chaque fille doit comprendre que chaque rencontre est un combat. Se dire que la coéquipière fera le travail à sa place, cela ne marchera pas comme ça cette saison ! Elles doivent se blinder dans leur tête pour mieux se relever et respecter le maillot qu'elle porte... Car, au final, c'est dans la difficulté qu'on apprend le plus.
La prochaine échéance devient-elle déjà un match à ne surtout pas manquer, ou refusez-vous de parler d'urgence ?
Malines est un autre très gros match avec pas mal d'adversité. On a bossé le bloc équipe cette semaine pour gagner en stabilité et tenter de faire mal sur les contres. Il faudra jouer chaque coup à fond en ayant surtout plus de caractère. Malines a gagné deux fois et signé un match nul, mais il ne faut avoir peur de rien, même si l'on devra toujours composer avec l'absence de trois cadres. Afin de compenser, chacune doit élever le curseur.
Vous êtes arrivée à la tête de l'équipe cet été: toujours sans le moindre regret ?
Je ne suis pas de ce genre-là, je n'abandonne pas à la moindre difficulté. On gagne et on perd ensemble, sachant qu'on est aussi, en tant que membre du staff technique, responsable des défaites. Mais il y a de l'espoir, car je vois de la volonté à l'entraînement. Le tableau n'est pas complètement noir et on s'en sortira.
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