Partout les mêmes scènes. Celle d’une rock star qui dit tout de l’aura qui continue d’accompagner “Zizou” vingt ans après l’arrêt de sa carrière de joueur. Le 28 juillet, jour de son intronisation officielle en tant que patron des Bleus, la foule s’était amassée devant le siège de la FFF pour l’acclamer. Le groupe des Irrésistibles Français avait également donné de la voix comme au stade pour célébrer son arrivée.

Rebelote quasiment deux mois plus tard lorsque, en marge de l’annonce de sa première liste, “Zizou ”» s’est prêté à un bain de foule au même endroit, dans le XVe arrondissement de Paris, avec selfies forcés et autographes à la clé. Du jamais-vu pour un sélectionneur de l’équipe de France. C’est bien une figure tutélaire du football tricolore qui a été placée au sommet de la pyramide.

Par ricochet, à la Fédération, on jubile d’avoir su refermer la page Didier Deschamps en lançant une dynamique porteuse. Avec une telle incarnation, en plus d’une équipe au potentiel majuscule, elle s’assure une visibilité maximale. Ce qui n’est jamais anodin au moment de (re) négocier les contrats avec ses sponsors. Et ce qui ne peut pas, non plus, faire du mal d’un point de vue merchandising.

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«  Il a une aura et prend beaucoup de place »

Cette ferveur oblige également l’encadrement fédéral à s’ajuster. Ainsi, contrairement à son prédécesseur, Zidane bénéficiera d’un garde du corps personnel pour lui garantir un minimum de sérénité lors d’apparitions publiques toujours très attendues.

Ses joueurs ont aussi compté les nuits avant de le retrouver à Clairefontaine, touchés eux aussi par la « Zizoumania ». Les mots « plaisir », « fierté » et même « fan » sont revenus spontanément à l’issue du premier entraînement, lundi. Alors, “ZZ” plus star que ses hommes ?

« Ce n’est pas faux. On connaît son importance pour le football français. Il a une aura et prend beaucoup de place, ce qui est normal, même s’il essaie de se mettre en retrait pour laisser les joueurs s’exprimer au maximum, qu’on parle le moins possible de lui. Mais ce sera compliqué», sourit, compréhensif, Adrien Rabiot.

« Il faut accepter comment les choses sont faites, commente le principal intéressé. Mais je ne suis pas là pour ça. Je suis là pour travailler avec mes joueurs, pour gagner des matches. C’est ce qui m’intéresse le plus. »

Cet intérêt pour les débuts du Marseillais est loin d’être franco-français. À Izmit, où se jouera Turquie – France ce vendredi, si on se réjouit d’abord d’accueillir pour la troisième fois la sélection nationale, on ne cache pas non plus que le prestige de l’affiche est encore magnifié par la présence de l’ex-Ballon d’Or. La forte présence de journalistes turcs à la conférence de presse d’avant-match, comme le crépitement des flashes, était un autre signe que peu importe l’endroit, Zidane fait déplacer les foules.