Arrivé à la tête de l’USLD à l’été 2023, le président délégué a dû cet été composer avec les départs d’une partie de la direction sportive. Pas de quoi selon lui freiner l’évolution du club, reconnu depuis trois ans pour sa bonne gestion financière et l’éclosion de jeunes talents.

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Selçuk Demir voit l’USLD grandir année après année.
Selçuk Demir voit l’USLD grandir année après année. - Photo Marc Demeure
Publié: 6 Août 2026 à 18h48

Temps de lecture: 5 min

– Président, vous allez débuter votre quatrième saison consécutive en Ligue 2…

« Et dans l’Histoire de l’USL Dunkerque, c’est quelque chose d’appréciable. On est désormais un club inscrit dans le haut niveau professionnel, un club qui compte. C’est une bonne chose qui montre que le club travaille, dans une certaine forme de continuité, avec une gestion qui assure une forme de pérennité économique, une volonté de progresser dans les infrastructures, de continuer à structurer le club pour qu’il grandisse d’année en année. Notre centre d’entraînement a bien évolué ces derniers mois, nos derniers terrains ont été livrés : on a un outil appréciable avant la livraison du bâtiment de performances. Le projet d’agrandissement du stade avance aussi et Tribut aura une capacité plus importante dans les saisons à venir. Depuis trois-quatre saisons, il y a un élan, une synergie appréciable avec les partenaires institutionnels et privés. On veut également un modèle économique sain, géré en bon père de famille. Ce qui nécessite de prendre des décisions sur le plan sportif… »

– On parle d’un transfert de 4 millions d’euros pour Anto Sekongo. Un départ qui fait suite à certains autres concernant notamment des joueurs majeurs de la saison écoulée…

« Oui, Anto a rejoint Samsunspor (Turquie) mais pas pour ce prix-là. Vous êtes au-dessus de la réalité (selon nos informations, le transfert est estimé autour de 2,5 millions). Mais vendre fait partie de la vie de notre club. Il faut savoir instaurer ce cercle vertueux pour que le club puisse exister dans la durée. Le modèle économique du football français est en difficulté et c’est remarquable que l’USLD peut bien s’en sortir dans cette perspective-là. Les joueurs que l’on a vendus sont pour la plupart partis pour évoluer à un niveau supérieur. Marco Essimi est parti en D1 Portugaise, Alec Georgen et Vincent Sasso en Ligue 1, Anto Sekongo en superligue turque : on voit une vraie évolution dans les profils qui nous ont quittés à l’intersaison. »

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– N’était-il pas possible de les conserver ?

« C’est la loi du football. Quand vous vous appelez Geoffrey Kondo, Gessime Yassine, Anto Sekongo, vous êtes forcément sollicités. Pour nous, il est impossible d’empêcher ces jeunes – qui ont le talent et un plan de carrière – de vouloir briller ailleurs. Au-delà de l’aspect économique, même si les bénéfices sont importants, cela montre que ces jeunes-là progressent chez nous. Et quand on passe par Dunkerque, on sait que cela peut devenir un tremplin pour aller plus haut. Prenons l’exemple de Marco Essimi, arrivé chez nous en tant que joueur de N3. Deux ans plus tard, il signe en D1 portugaise. On a su le repérer, lui donner sa chance, le développer. Et aujourd’hui, le travail de l’USLD est salué dans le milieu du football professionnel. »

– L’été 2026 a aussi été marqué par une réorganisation sur le plan sportif avec les départs de Demba Ba, votre directeur sportif, ou encore Romain Decool, le coordinateur, vers Le Havre…

« Merci à Demba pour le travail conséquent qu’il a fourni au sein du club. Il a marqué l’histoire de l’USLD. C’est malheureusement le lot des clubs de notre taille qui font du (trop) bon travail. Pas seulement pour les joueurs, mais aussi pour les entraîneurs, les dirigeants. Voir Demba s’engager dans un projet de Ligue 1, cela montre aussi notre savoir-faire et notre efficacité. Malgré son départ, il y a quand même une sorte de continuité. On a maintenu notre staff sportif en qui nous avons une extrême confiance. Et puis dans le recrutement, dans la méthodologie, dans la façon de voir le football, dans l’esprit du club, on est dans la même lignée, la même envie. Les projets sont menés par des hommes, mais le nôtre va au-delà de ça. Le départ de Demba n’a pas été simple à gérer, mais je trouve qu’on a assuré la suite, dans une bonne ambiance générale, avec une préparation réussie et une osmose dans le travail satisfaisante. »

– En tant que président, comment avez-vous vécu cet « exode », que ce soit dans la direction sportive ou le groupe dunkerquois ?

« Je le vis comme quelqu’un qui a l’habitude de ça. Quand on est l’USLD, évidemment que l’on veut être ambitieux, que l’on veut progresser. Mais on sait aussi qu’il faut inévitablement et continuellement s’adapter. Pouvoir rester à un certain niveau de performance alors que certaines personnes partent. On doit instaurer un modèle de club qui va au-delà des personnes, garder cette façon de faire qui à mon sens est plus importante que les hommes et les femmes qui la font. »

– Parlez-nous de votre recrutement, de la nouvelle équipe que vous avez bâtie…

« On a souhaité de la continuité. Sur les onze joueurs qui ont commencé le dernier match amical face à Malines, sept étaient là l’an dernier. Les prolongations de Sangante, de Linguet, de Massock ; la volonté de garder une certaine ossature est là. Notre recrutement est clos en grande partie même si on se laisse la possibilité d’enrôler deux à trois joueurs selon les opportunités du marché (fin du mercato le 1er septembre). On a un groupe jeune car l’ADN de l’USLD est aussi de développer les joueurs. On a une moyenne d’âge de 23 ans avec 60 % de l’effectif qui a 22 ans et moins. Ces jeunes talents bénéficieront de l’apport de joueurs d’expérience comme l’est par exemple Steven Nzonzi. »

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