La structure russe Spirit, menée par sa superstar Donk, a battu l'outsider turque FUT dimanche 23 août 2026, lors de la finale du jeu « Counter Strike 2 », qui clôturait la Coupe du monde de d'e-sport (EWC) 2026. Dans une Accor Arena de Bercy transformée en chaudron pour l'occasion, près d'une dizaine de milliers de spectateurs se sont massés pour une rencontre haletante.

Décidément, la structure turque FUT aura créé la surprise jusqu’au bout. Arrivée en finale de la compétition de Counter Strike 2 de la coupe du monde d'e-sport (EWC), qui s'est déroulée dimanche 23 août à Bercy, l'équipe a déjoué les pronostics mais s’est finalement inclinée face à plus forte qu’elle.

De fait, lors de l’ultime rencontre, FUT faisait face à team Spirit, guidée par le jeune prodige russe Donk. En état de grâce depuis le début de l’EWC, Danil Kryshkovets, de son vrai nom, a permis à son équipe de survoler la compétition.

Autant dire que le quintet de FUT ne partait pas favori. « J'ai un penchant pour Spirit et c'est logique, ils ont Donk !, explique Carl en attendant le début de la rencontre depuis les tribunes. J'ai envie de voir des jolies choses et je pense que le gagnant sera Spirit avec trois manches à une. »

À côté de lui, Raphaël, un autre spectateur, acquiescait : « content de voir Spirit en grande finale qui est une de mes équipes favorites. J'espère que Donk va cliquer ce soir, ça me ferait plaisir ».

En dépit du niveau individuel du maestro de 19 ans, épaulé par une solide équipe, FUT Esports a répondu présent, et s’est pris à espérer, emportant la foule dans son élan.

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Ne rien céder

Dès l’entrée des joueurs sur la grande scène triangulaire, la salle a donné le ton. L’Accor Arena de Bercy, parée de ses ornements des grands soirs, grondait au rythme des quelques dix mille spectateurs réunis pour l'occasion. Quand les joueurs de FUT recevait des ovations ininterrompues, ceux de Spirit étaient systématiquement conspués par la majorité. La faute, en partie, à la lourde défaite imposée en quarts de finale par Donk et ses coéquipiers à l’équipe française Vitality, massivement suivie dans l’Hexagone.

Aussi, quand FUT a creusé l’écart dès la première manche, distançant ses rivaux de six points, le vacarme s’est fait de plus en plus grand. Les éliminations d’un joueur de Spirit étaient célébrées comme autant de petites victoires par les fans français, à charge de revanche. Si bien que FUT a remporté cette manche 13 à 10, histoire de donner le ton.

Piquée au vif, le team Spirit est monté d’un cran. Dès lors, et malgré tous les meilleurs efforts des joueurs de FUT, grâce auxquels ils ont arraché les prolongations lors des deux manches suivantes, le cinq de Spirit n’a plus lâché l’affaire.

Une consécration et un « beau match »

Menés deux manches à une, dans un format où le vainqueur est décidé au meilleur des cinq manches, FUT était dos au mur. Les cris d'encouragements des débuts se sont progressivement atténués, alors que Spirit a déroulé, achevant tout en maîtrise une équipe adverse vraisemblablement exsangue. Score de la dernière confrontation : 13-5, en faveur de la structure russe et une victoire 3-1.

« Je pense que FUT n'est pas une équipe habituée à souvent faire des BO5 [« best of five », ou meilleur des cinq manches, NDLR] dans un gros stade, juge Mathieu, fan de Vitality venu supporter l'adversaire des bourreaux de son équipe de cœur. L'endurance a pu jouer aussi, ajoute le jeune homme, parce que ça a duré presque cinq heures mine de rien ! » Malgré la défaite, la déception reste moindre face à « un beau match », relativise-t-il, avant de conclure dans un sourire : « on n'est pas venu voir une victoire trois à zéro de Spirit comme les gens le pensaient ».

De son côté, Donk et sa bande ont soulevé le trophée - qu'ils ont manqué de faire tomber - empochant au passage le grand prix de 600 000 dollars. Ils ont ensuite été sommés d'ajouter leur « clé », sous la forme d'un triangle d'or, au mur des vainqueurs, comme les autres équipes arrivées premières de leurs compétitions respectives lors de ces championnats du monde.

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Plus d'un mois de compétition, sur une vingtaine de jeux

Cette EWC accueillait en effet une vingtaine d'autres jeux de la scène esportive, parmi lesquels League of Legends, Valorant ou encore Tekken 8. Et les équipes françaises sont parvenues à écrire quelques belles histoires. Le club français Karmine Corp est notamment parvenu à s'imposer face à l'hégémonique T1 de Faker en demi-finale de la compétition de League of Legends, avant de s'incliner en finale. De son côté, Vitality a vu son équipe féminine sur Mobile Legends remporter son tournoi. Mais d'autres équipes phares de la structure française, sur Counter Strike mais aussi sur Valorant ou Rocket League, n'ont pas performé comme certains l'attendaient.

L'événement témoigne tout de même de la demande toujours plus importante pour ce type de compétitions autour du jeu vidéo, dont la dimension sportive et culturelle n'est désormais plus à prouver. Initialement programmée au parc des expositions de la porte de Versailles, la finale de Counter Strike 2 a d'ailleurs été relocalisée à l'Accor Arena face à la saturation rapide de la billetterie.

Créé en 2024 et financé par le fonds souverain d'Arabie Saoudite, l'EWC s'est imposé comme un rendez-vous majeur du calendrier de l'e-sport mondial. Les deux premières éditions avaient eu lieu en Arabie saoudite, pays devenu ces dernières années un acteur central du secteur. Mais les organisateurs avaient finalement annoncé en mai dernier la délocalisation de l'édition 2026 en raison de la guerre au Moyen-Orient. Dimanche, le président français Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ont assisté à la cérémonie de clôture de l'événement, au Grand Palais, à Paris.

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