France : le RN en passe de former un groupe parlementaire au Sénat
Alors que les résultats continuaient de tomber au compte-gouttes dans la soirée, le parti lepéniste a semble-t-il déjà rempli son objectif en réunissant les dix sièges nécessaires à la formation d’un groupe politique, alors qu’il ne comptait jusqu’ici que trois sénateurs.

Par AFP Publié le 27/09/2026 à 19:44 Temps de lecture: 2 min
Le Rassemblement national va pouvoir créer un groupe au Sénat, qui pourra compter sur au moins 14 élus à la chambre haute du Parlement avec ses alliés de l’UDR.
Le parti a notamment bénéficié de sa récente poussée aux municipales dans le Sud et le Sud-Est, qui lui a permis de décrocher deux sièges dans les Bouches-du-Rhône, deux autres dans le Var, et un dans le Vaucluse, comme dans le Gard et l’Hérault.
Dans la même région, Eric Ciotti et sa liste UDR obtiennent deux élus. Le RN parvient en outre à ravir un siège en Gironde, avec sa vice-présidente Edwige Diaz, et un autre plus inattendu en Seine-Maritime.
Ces nouveaux sénateurs rejoindront les trois RN élus il y a trois ans dans le Pas-de-Calais, le Nord et en Seine-Maritime. Le groupe devrait ainsi être composé de 14 membres, sous réserve d’éventuels ralliements venus de la droite.
Une marche symbolique, mais pas que : elle sera synonyme de temps de parole accru, de moyens supplémentaires... et surtout de relais précieux pour la candidature de Marine Le Pen à l’Elysée.
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Même s’il passe au second plan dans l’ombre de la bataille de 2027, ce scrutin indirect, reflet des élections municipales, sera analysé avec soin par les états-majors des partis, à sept mois de la présidentielle.
Deux constats s’imposent notamment : l’implantation locale du RN est en nette progression, à l’image de scores parfois quintuplés par rapport au dernier scrutin en 2020 ; et celle de La France insoumise reste dérisoire, avec un zéro pointé probable pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui rêvait pourtant de faire son entrée au Sénat avec Gabriel Amard, candidat dans le Rhône et gendre du leader de la gauche radicale.
Une candidate Insoumise a échoué à trois voix près chez les Français de l’étranger, un résultat qui a causé des dissensions entre LFI et Ecologistes, chacun se reprochant un refus d’alliance.
Les Insoumis devraient toutefois débarquer à la chambre haute en 2029, avec le renouvellement des sénateurs d’Île-de-France et du Nord.
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Erosion à droite ?
La mainmise des Républicains sur l’hémicycle, avec leurs alliés centristes, n’est pas bouleversée par ce renouvellement de 178 sièges sur 348, pas plus que la réélection probable de Gérard Larcher (LR) à la présidence de l’institution, programmée jeudi. Le président du groupe LR, Mathieu Darnaud, a été réélu sans difficulté en Ardèche.
Mais l’érosion de LR (131 sièges avant le vote), qui pourrait perdre une poignée de sièges, révèle un certain affaiblissement, alors que Bruno Retailleau — facilement réélu en Vendée — espère damer le pion aux candidats du bloc central en vue de la présidentielle.
A gauche, les Ecologistes craignent quelques revers après la perte de Bordeaux et Strasbourg... Mais une dissidence verte dans le Rhône, celle de l’ex-patron de la métropole de Lyon Bruno Bernard, pourrait paradoxalement leur offrir un siège supplémentaire, au détriment de l’ancienne ministre de François Hollande, Hélène Geoffroy.
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Quant aux socialistes (65 membres), ils espèrent limiter les pertes après des municipales en demi-teinte, notamment dans les villes moyennes.
« Avec l’affaiblissement de LR, c’est plutôt l’espace central qui s’affirme. On aspire à être plus nombreux », veut croire le patron de l’Union centriste Hervé Marseille, qui rassemble une soixantaine de sénateurs d’horizons divers.
Horizons, représenté par le groupe des Indépendants (20 membres), peut légitimement croire à quelques gains non négligeables pour la dynamique d’Edouard Philippe sur la route de l’Elysée.
Mais les effectifs ne seront définitifs que d’ici quelques jours après un intense mercato pour rallier les dizaines d’élus divers centre ou divers droite.
A ce jeu-là, nombre d’élus s’inquiètent du sort du groupe macroniste RDPI, orphelin de son influent président François Patriat, décédé cet été. Dimanche matin, il a déjà enregistré un revers avec la défaite de son sénateur sortant à Wallis-et-Futuna.
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