l'essentiel Entré dans la magistrature à la fin des années 1980 après avoir été enseignant, Francis Boyer avait rejoint le parquet de Toulouse en 2006. En près de vingt ans, il en était devenu le magistrat le plus ancien et l’une des mémoires de l’histoire criminelle récente de la juridiction. Il avait 65 ans.

Il avait fini par connaître l’histoire judiciaire toulousaine comme peu d’autres. Les dossiers, les affaires criminelles, les magistrats qui s’étaient succédé, les procédures anciennes dont il fallait parfois retrouver le fil : au parquet de Toulouse, Francis Boyer était devenu, au fil des années, une mémoire autant qu’un magistrat. Il est décédé le vendredi 7 août, chez lui, à Tournefeuille.

Né le 15 avril 1961 à Limoges, il avait changé de voie après avoir été enseignant pour intégrer l’École nationale de la magistrature, au sein de la promotion 1987.

Sa carrière débute deux ans plus tard en Ardèche. En 1989, Francis Boyer est nommé substitut du procureur de la République à Privas. Il y demeure trois ans avant de rejoindre Cahors, en 1992, cette fois comme juge d’instruction. Il exerce ces fonctions jusqu’en 1996 puis poursuit dans la même voie à Perpignan. C’est là, dans le secret des cabinets d’instruction et au contact des dossiers pénaux les plus lourds, qu’il construit une part importante de son expérience. En 2005, il rejoint le parquet de Nîmes comme vice-procureur.

Les grandes affaires 

Son passage dans le Gard sera bref. Il quitte Nîmes en 2006. Cet épisode le conduit à Toulouse. Pendant vingt ans, Francis Boyer accompagne les transformations du parquet toulousain, voit passer les procureurs, les générations de substituts et les grandes affaires qui ont marqué la ville et son ressort : il avait notamment suivi l’un des premiers dossiers de "cold case" lorsqu’une instruction au cabinet de Monsieur F. Rives avait permis d’aboutir à la condamnation de Joel Bourgeon en 2022, pour le meurtre de Martine Escadillas commis en 1986.

Cette longévité lui confère progressivement une place singulière au sein de la juridiction. Il en était devenu le magistrat le plus ancien. Au parquet, Francis Boyer était considéré comme l’une des mémoires de l’activité judiciaire criminelle de Toulouse.

Sa vie personnelle avait été marquée par la disparition, il y a six ans, de son épouse, Éliane Boyer. Greffière, elle avait achevé sa carrière à la cour d’appel de Toulouse. Tous deux avaient ainsi consacré une large part de leur vie professionnelle à la justice, chacun à sa place, dans deux métiers différents mais étroitement liés. Le couple avait une fille.