Fréchette pense que le PQ et le PCQ veulent s’allier
La cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, voit se développer une « alliance » entre le Parti québécois et le Parti conservateur du Québec. L’aspirante première ministre solidaire, Ruba Ghazal, y voit une « bromance ».
« On sent un rapprochement. Il y a une approche beaucoup plus conservatrice qui est portée par Paul St-Pierre Plamondon que ce qu’on voyait les années antérieures », a déclaré Christine Fréchette dimanche, quelques heures après que le chef du Parti québécois (PQ) eut annoncé des mesures pour promouvoir la natalité.
Au 25e jour de la campagne électorale, M. St-Pierre Plamondon a promis de « freiner le déclin de la natalité » en bonifiant l’allocation familiale de 350 $ pour le troisième enfant d’une famille, puis de 700 $ pour le quatrième. Il souhaite également créer 10 000 places en centres de la petite enfance en quatre ans et rehausser le financement du Régime québécois d’assurance parentale.
« Le taux de fécondité, présentement au Québec, est à 1,33. C’est le plus bas de notre histoire, mais, lorsqu’on demande aux Québécoises et aux Québécois combien d’enfants sont souhaités, on arrive à 1,9. Et c’est ce gap-là, l’enjeu », a lancé le chef péquiste depuis Montréal.
« Politiques natalistes »
À Québec pour rencontrer le maire Bruno Marchand, Christine Fréchette a dit voir là une tentative d’instaurer des « politiques natalistes ». « Le Parti conservateur est aussi dans les politiques natalistes », a constaté la cheffe de la Coalition avenir Québec.
« Je pense que les gens […] doivent s’inquiéter par ailleurs de l’austérité qui est portée par le Parti québécois et le Parti conservateur », a-t-elle poursuivi. « Je vois qu’il y a une sorte d’alliance qui se crée. »
Mme Fréchette faisait-elle ainsi allusion à un éventuel gouvernement de coalition ? « Il y a des éléments de ça qui se dessinent, qui apparaissent. On dirait qu’il y a une — comment dire ? — une concertation », a-t-elle ajouté.
Dans un verger de Saint-Mathias-sur-Richelieu, la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a également constaté des similitudes entre ses deux opposants péquiste et conservateur.
« Je remarque une bromance entre ces deux-là. […] Je vois que les deux sont souvent d’accord sur plusieurs sujets », a-t-elle affirmé, évoquant l’élimination du Fonds de développement économique, le rabaissement des taxes sur l’essence ou encore la « libéralisation » de la vente de vin, des promesses toutes faites par les deux formations politiques.
Le chef libéral, Charles Milliard, estime pour sa part que Christine Fréchette « spécule » en parlant d’alliance. « C’est assez clair pour moi que le Parti québécois est plus à droite qu’il l’a déjà été », a-t-il toutefois convenu.
PSPP réplique
En préparation pour le débat de Radio-Canada prévu mercredi, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, n’a pas répondu aux hypothèses avancées par les deux candidates au poste de première ministre.
À Montréal en cours d’après-midi, Paul St-Pierre Plamondon a reproché à Christine Fréchette de véhiculer « des accusations qui sont non fondées ».
« Comparer notre proposition famille de ce matin avec celle d’Éric Duhaime et du Parti conservateur… Ça ne peut pas être plus différent comme approche », a-t-il dit. « Éric Duhaime prône des chèques pour demeurer à la maison. »
« Je suis obligé de constater que Mme Fréchette fait une campagne de plus en plus négative », a-t-il enchaîné.
En marge de sa propre conférence de presse, en matinée, M. St-Pierre Plamondon avait d’ailleurs constaté qu’il n’était pas seul à s’accorder avec les conservateurs.
Brandissant un sondage Segma commandé par sa formation politique, il a rappelé que Christine Fréchette et Éric Duhaime étaient les seuls à rester ouverts à l’exploitation du gaz de schiste.
Dans le coup de sonde, dont le PQ a rendu publiques les réponses à une question, près de 65,5 % des répondants se sont dit contre l’idée de bâtir « un puits de gaz de schiste à proximité de [leur] résidence », et ce, en « connaissant les risques documentés de contamination des sols et de la nappe phréatique ».
Un nombre similaire a répondu « oui » (17,3 %) et « je ne sais pas » (17,2 %).
Interrogée sur le sujet, Christine Fréchette s’est de nouveau référée à un sondage Synopsys-La Presse paru la veille, selon lequel les Québécois sont divisés sur la question. « On ne sait jamais comment ça va tourner avec les Américains. Et, par conséquent, c’est une ouverture dont ils [les électeurs] font preuve », a-t-elle avancé.
Les promesses se poursuivent
Aux côtés de plusieurs collègues de Québec et de Lévis, la cheffe caquiste venait de promettre des investissements de 300 millions de dollars « dans les infrastructures portuaires et le corridor du Saint-Laurent ». Le but : « mobiliser près de deux milliards de dollars en investissements privés et fédéraux ».
Au Lac-Saint-Jean, Charles Milliard s’est engagé à déposer un projet de loi de réforme du régime forestier dans la première année d’un éventuel premier mandat.
Sur un autre sujet, Ruba Ghazal a promis de « mettre fin aux enchères à l’aveugle, en exigeant la divulgation des offres d’achat reçues ». « Les firmes de courtage immobilier ont vu leurs commissions augmenter et, avec l’augmentation du prix des maisons, elles en sortent gagnantes. Pour les acheteurs, c’est loin d’être le cas », a-t-elle déploré.