Frelon asiatique : une balise de 125 milligrammes pour retrouver les nids
Le frelon asiatique est installé en Wallonie et, pour l'instant, personne ne sait comment l'en déloger. Pour Caroline Salmon, vétérinaire et apicultrice, "le but est désormais de vivre avec lui tout en continuant l'apiculture".

Le problème tient à son menu. Le frelon aime le sucre, mais il chasse aussi d'autres insectes, abeilles en tête. "Une véritable catastrophe pour les apiculteurs, mais pas seulement, explique Maxime Cromps, coordinateur au CPFAR. Un nid installé près d'une école ou d'un jardin représente aussi un risque pour les personnes".
Pour faire face à ce problème, il n'existe pas de solution miracle. Mais une série de gestes peuvent aider à limiter l'invasion du frelon asiatique. "Il faut signaler ses observations, protéger les ruchers, piéger au printemps, repérer les nids et les faire détruire", rappelle Caroline Salmon.
Continuer à sensibiliser
Les services publics se sont aussi saisis de la question. "La Province de Liège a, par exemple, distribué 25 000 pièges aux Communes et certaines débloquent des budgets pour la destruction de nids chez les particuliers, annonce le coordinateur du CPFAR. Maintenant, il faut continuer à faire de la sensibilisation et de la prévention, car plus il y a de monde concerné, plus on pourra agir", ajoute-t-il.

Contrairement à une idée répandue, le frelon n'est pas qu'une affaire de printemps. "En fin d'été, les colonies sont à leur maximum. Les mâles apparaissent et environ quinze jours plus tard, naissent les futures reines, qui fonderont de nouveaux nids au printemps, explique Michel Malaise, chasseur de frelons et de guêpes. Détruire un nid maintenant, c'est en éviter beaucoup l'an prochain. Un nid non détruit aujourd'hui, de 500 jeunes reines, ce sont environ 50 nids l'année prochaine", ajoute le désinsectiseur.
Or, on ne retrouve que 30 à 40 % des nids, car la plupart sont cachés dans les feuillages ou découverts trop tard. Le début de l'automne est donc le moment idéal pour les repérer, car les feuilles tombent. Michel Malaise, qui intervient régulièrement sur Donceel, Remicourt et Verlaine estime détruire entre 60 et 70 nids par saison dans ces villages.
Le repérage est donc primordial et il donne ses précieux conseils pour les localiser. "Il faut regarder dans les arbres, sur les bâtiments ou encore des pylônes généralement entre 10 et 30 mètres de haut, mais on en trouve de plus en plus à hauteur d'homme. Le lierre en fleur, très prisé des frelons en ce moment, est un aussi un bon endroit pour les observer".
Traquer avec patience
Pour trouver un nid, on peut suivre le frelon. Caroline Salmon utilise la technique du pot à mèche : "Il suffit d'un bocal percé contenant un chiffon imbibé d'un mélange sucré et parfumé. Et lorsque le frelon vient boire, on le capture et on le marque d'un point de couleur. Il repart droit vers son nid et on chronomètre son aller-retour : 1 minute pour 100 mètres parcourus environ. On peut alors estimer la localisation du nid".

Le matériel est peu coûteux. En revanche, il faut de la patience. C'est ici qu'intervient l'entreprise belge VespaTracker. Son fondateur, Dave Engel, s'est lancé à la demande de Bart, un ami apiculteur qui avait perdu ses ruches. Le défi était de taille : "Il fallait équiper d'un émetteur un insecte qui ne peut porter qu'une charge minuscule" explique-t-il.
Le résultat est une balise de 125 milligrammes, qui s'accroche au frelon après capture. Un récepteur relié au smartphone permet ensuite d'indiquer avec un signal sonore la direction du frelon. Un véritable bijou de technologie que Dave Engel était très fier de présenter ce jeudi tant sa conception a été difficile. "Le récepteur écarte toutes les ondes parasitaires comme le Wi-Fi et repère la bonne fréquence. C'est un peu comme si l'on devait repérer une note jouée par un instrument dans un concert philharmonique", explique le fondateur de VespaTracker. Mais le résultat se veut novateur pour les professionnels du secteur. "Ils parviennent à trouver un nid en une demi-heure. Les chasseurs amateurs en une heure environ". Une innovation belge qui permettra peut-être d'endiguer la prolifération du frelon asiatique.
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