Fuite de données des impôts : 678 000 comptes touchés, la DGFiP reconnaît une attaque « sophistiquée »
678 000 comptes touchés a confirmé Bercy lors d'un point presse ce 14 août.
© Mourad Allili/SIPA / Mourad Allili/SIPA
Martin Lagrave 14/08/2026 à 19:42, Mis à jour le 14/08/2026 à 19:45
Noms, adresses, revenus fiscaux de référence ou encore taux de prélèvement à la source : les données de centaines de milliers d’usagers ont été consultées lors d’une attaque contre la DGFiP.
La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a confirmé, lors d'un point presse organisé ce vendredi 14 août en fin de journée, qu'une cyberattaque a permis l'exfiltration des données personnelles et fiscales de 678 000 comptes, particuliers et professionnels confondus. La directrice générale, Amélie Verdier, a détaillé les circonstances de cette violation.
Selon la DGFiP, la compromission d'un compte d'agent a été détectée dès juin. L'accès a été immédiatement coupé. Mais l'administration n'avait alors identifié aucune exfiltration de données : contrairement aux attaques les plus courantes, qui reposent sur un requêtage massif via des robots facilement détectables, celle-ci s'est déroulée par petits volumes, entrecoupés de pauses, selon Amélie Verdier. Cette dernière a qualifié cette méthode de « sophistiquée ». Ce n'est que le 12 août, lorsque l'auteur de l'attaque a revendiqué son forfait, que la DGFiP a pu, grâce à la traçabilité conservée de tous les accès, reconstituer l'ampleur de la fuite.
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Les données concernées incluent, pour les particuliers, l'identité, l'adresse, le revenu fiscal de référence, le nombre de parts fiscales et le taux de prélèvement à la source. Pour les professionnels, la DGFiP évoque des informations moins sensibles : numéro Siren et données déjà largement publiques. Amélie Verdier a insisté sur un point : ces informations, à elles seules, ne permettent pas d'accéder aux comptes sécurisés sur impots.gouv.fr. Elles facilitent en revanche l'usurpation d'identité, raison pour laquelle la DGFiP recommande une vigilance prolongée aux usagers concernés.
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Une seconde fuite de données
Interrogée sur l'origine technique de la faille, la directrice générale a expliqué qu'un agent avait utilisé ses identifiants DGFiP via un accès externe, contournant ainsi la double authentification normalement requise dans ce cas. Elle a précisé que celle-ci n'est pas encore généralisée à l'ensemble des agents et sera déployée « dans les mois qui viennent ».
La CNIL a été saisie avant l'expiration du délai réglementaire de 72 heures. Les usagers concernés recevront un message individuel les informant de la violation de leurs données dès le début de la semaine prochaine, selon la DGFIP.
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Le point presse a également permis d'aborder une seconde revendication, distincte, formulée par le même pirate informatique : l'accès à des données cadastrales, sur environ 200 000 comptes, à partir du 29 juillet, via un autre compte compromis. Amélie Verdier a de nouveau relativisé la sensibilité de ces informations, rappelant qu'elles restent, pour l'essentiel, accessibles par ailleurs sur demande motivée auprès des mairies ou des services fonciers. Ce second compte a également été bloqué.
La directrice générale a présenté ses excuses aux usagers concernés et indiqué que la DGFiP travaille avec l'Anssi, l'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, pour renforcer la sécurité de son système d'information.
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