Montréal a fait ses adieux à l'un de ses joueurs d'adoption, mercredi soir. Gaël Monfils, l'un des plus grands chouchous de l'histoire récente de l'Omnium Banque Nationale, a disputé le dernier match de sa carrière au Stade IGA dans le cadre de sa tournée d'adieux, à 39 ans, après plus de 20 ans sur le circuit de l'ATP.

Le Français s'est incliné au deuxième tour du tournoi 3-6, 6-0 et 3-6 devant le jeune Américain Learner Tien, offrant néanmoins une dernière prestation fidèle à ce qui a fait sa renommée.

En l'absence de Félix Auger-Aliassime, contraint de déclarer forfait quelques heures avant son match, Monfils est devenu la principale attraction de la séance de soirée. Les partisans ont répondu présents pour saluer une dernière fois celui qui, au fil des ans, est devenu l'un des grands favoris du public montréalais.

Le court central affichait complet. Si plusieurs spectateurs avaient initialement acheté leurs billets pour voir le meilleur joueur canadien, ils ont finalement réservé à Monfils une ambiance digne de sa longue histoire d'amour avec Montréal, un privilège que bien peu de joueurs non canadiens auront connu.

Le début de la rencontre s'est déroulé comme plusieurs l'anticipaient. Aujourd'hui redescendu au 347e rang mondial, Monfils a concédé la première manche 6-3, visiblement diminué physiquement dès les premiers jeux. Le vétéran semblait se diriger vers une défaite expéditive face à l'une des étoiles montantes du circuit.

Au sol, il tir la langue.

Gaël Monfils célèbre un point spectaculaire en fin de rencontre, pour son dernier match à l'Omnium Banque Nationale.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Mais Monfils n'a jamais été un joueur comme les autres.

Porté par une foule entièrement acquise à sa cause et profitant également de plusieurs fautes de Tien, le Français a complètement renversé la vapeur en remportant la deuxième manche 6-0, s'offrant l'occasion d'un dernier tour de magie.

Mais le temps finit toujours par rattraper les athlètes, même les plus grands. Cela n'a toutefois pas empêché Monfils d'offrir quelques-uns de ces coups spectaculaires qui ont façonné sa réputation, ponctués de sourires complices en direction d'une foule soulevée à chacun de ses gestes.

Après avoir rapidement ravi le service de l'Américain de 19 ans au début de la manche décisive, Monfils a graduellement vu les efforts de deux heures de jeu le rattraper. Son niveau a diminué au fil des échanges avant qu'il ne s'incline 6-3, mettant un point final à sa remarquable histoire montréalaise.

Quand j'étais petit, je regardais ses faits saillants sur YouTube, a raconté, les yeux pétillants, Learner Tien en entrevue d'après-match sur le court. Je n'ai jamais cru pouvoir partager le court avec lui. Le voir de l'autre côté du filet, je n'arrivais parfois pas à y croire. J'avais l'impression qu'il allait rejoindre toutes les balles!

Je ne sais pas, je pense qu'il a encore quelques années devant lui, a-t-il lancé en souriant.

Un accueil exceptionnel, autant à mon premier match qu'à celui-ci. J'ai ressenti beaucoup d'émotions, beaucoup d'amour. C'était beau, a confié pour sa part Gaël Monfils d'un ton réfléchi en point de presse, comme si les souvenirs de ses 15 participations à l'Omnium canadien lui revenaient d'un coup en tête.

J'ai la chance de recevoir beaucoup d'amour dans beaucoup de villes. Mais ici, c'était vraiment particulier. [...] J'ai plein de beaux souvenirs ici, a ajouté le Français.

« Merci pour tout »

Ils se serrent la main.

Un jeune Gaël Monfils, dans les meilleures années de sa carrière, tombe face à Novak Djokovic en quart de finale à Montréal, en 2011.

Photo : Getty Images / Matthew Stockman

L'histoire de Monfils avec Montréal est unique. Elle remonte à 2009, lorsqu'un flamboyant Français de 22 ans y signait sa première victoire à l'Omnium canadien.

Les 16 années suivantes seront marquées par une succession de matchs mémorables, de points spectaculaires et de démonstrations athlétiques qui contribueront à faire de lui l'un des joueurs les plus aimés de l'histoire récente du tournoi.

Montréal a une place vraiment spéciale pour moi. J'aurais voulu aller plus loin dans ce tournoi. J'aurais voulu le gagner. C'est un tournoi qui m'a marqué, a souligné Monfils, visiblement ému, lors d'une cérémonie organisée sur le court en son honneur.

Merci. Merci pour tout.

Il n'aura jamais atteint la finale de l'Omnium canadien, son meilleur résultat demeurant une présence en demi-finales. Pourtant, rares sont les joueurs à avoir tissé un lien aussi fort avec le public montréalais. Mercredi soir, ce n'est pas seulement un joueur d'une autre époque qui quittait le court central. C'était un champion local qui faisait ses adieux.

Avec 24 victoires à l'Omnium canadien, Monfils en a remporté plus qu'à tout autre tournoi de catégorie Masters 1000 du circuit. Dans une édition 2026 où plusieurs des plus grandes vedettes du circuit avaient choisi de faire l'impasse sur Montréal, le Français, lui, n'aura jamais voulu manquer ce rendez-vous.

Jamais. Ici, j’adore. C’est trop spécial. Trop unique. Ça a toujours été un tournoi où je me suis senti comme à la maison. Donc c’était toujours en tête de liste. Un des Masters 1000 à ne pas rater.

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