Gaia expose des animaux hypertypés à Eupen : "Ce sont des animaux qui souffrent à cause d'effets de mode"
Plusieurs curieux se pressent devant la boutique éphémère érigée par Gaia, aux abords de la rue de la Montagne, à Eupen. À l'intérieur du conteneur climatisé, plusieurs statues représentant des animaux attirent l'œil : berger allemand, chat sphynx, bouledogue ou encore chat persan. Bien que très connues et implantées dans les foyers belges, toutes ces races sont des hypertypes, donc des espèces dont certaines caractéristiques physiques ont été poussées à l'extrême via l'élevage.

"On a choisi le nom "la collection de malade", pour faire référence aux effets de mode qui font souffrir les animaux et qui impactent leur santé, révèle Sébastien de Jonge, directeur des opérations chez Gaia. Chez le bouledogue, par exemple, son visage est tellement écrasé que cela crée chez l'animal de gros problèmes respiratoires. On rigole quand on entend un bouledogue ronfler parce qu'on trouve ça mignon mais, au final, ça reste un animal qui souffre juste pour satisfaire des préférences esthétiques. Pour ce qui est du berger allemand, les chiens de cette race font face à de gros problèmes de mobilité à cause de leur dos incliné. Normalement, un berger allemand a un dos droit, comme les autres chiens. "

Les visiteurs ont également eu l'occasion de se mettre dans la peau d'un chat persan, en enfilant un casque de réalité virtuelle, ou de respirer avec le nez d'un bouledogue, grâce à des masques spéciaux. "J'avais la vision complètement floue, je voyais des taches noires… Quelle souffrance", s'exclame Karine Binamé, venue spécialement de Rivage (Sougné-Remouchamps) pour tester le dispositif de Gaia. "Je suis les actions de Gaia sur Facebook et je les soutiens totalement. Je ne suis pas disponible pour venir les voir à Liège. Alors, je me suis déplacée jusqu'à Eupen." Le dispositif de Gaïa a voyagé ces dernières semaines aux quatre coins de la Belgique et continuera sa pérégrination jusqu'au samedi 8 août. Après Eupen, cap sur Arlon, Liège et Louvain-La-Neuve.
Changer la législation
Cette démarche n'est pas seulement une action de sensibilisation auprès du public puisque les passants sont invités, via une borne tactile, à envoyer un mail aux différents ministres en charge du bien-être animal. "C'est important car, aujourd'hui, que ce soit en Wallonie ou à Bruxelles, il n'y a pas de législation concernant l'élevage des hypertypes, contrairement à des pays comme les Pays-Bas ou la Norvège, déplore Sébastien de Jonge. Depuis le début de notre campagne, les citoyens ont envoyé un peu moins de 10 000 mails. On voit que les gens sont interpellés et touchés par cette situation."

Selon Gaia, un Belge sur quatre à déjà dû recourir à des soins vétérinaires ou des opérations pour son animal à cause de son hypertype. Dans une enquête qu'ils ont menée auprès de 329 Liégeois, plus d'une personne sur cinq a indiqué avoir déjà possédé un animal hypertypé.
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