La plage de Charlo.

L’usine d’explosifs serait construite à environ 60 kilomètres au nord-ouest de Bathurst, tout près de cette plage à Charlo. PHOTO: Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Alors que le Nouveau-Brunswick envisage de lever le moratoire sur le gaz de schiste et d’accueillir une usine d’explosifs près de Belledune, ces projets soulèvent d’importantes questions environnementales et éthiques malgré leurs promesses économiques. Pour éclairer ces enjeux, le journaliste Ghislain Couture a tendu le micro au philosophe Alain Deneault et à l’économiste Pierre-Marcel Desjardins.

Faut-il privilégier la croissance ou augmenter l’impôt sur le revenu des grandes entreprises pour renflouer les coffres de l’État? Pour Alain Deneault, il est essentiel de réfléchir à la façon dont le gouvernement s’y prend pour tirer des revenus des activités qui ont lieu sur son territoire et pour financer les services publics.

« On est dans une situation où, depuis des décennies, on laisse des grands groupes délocaliser artificiellement leurs actifs aux Bermudes, par exemple, et s’en priver alors qu’on les subventionne. Et alors que ce qu’on arrive à percevoir comme impôt auprès des travailleuses et travailleurs sert à financer des infrastructures publiques dont ces entreprises-là profitent. »
Carte géographique du nord du Nouveau-Brunswick indiquant l'emplacement du terrain.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick propose ce terrain à l’entreprise NALAGX pour y construire une usine d’explosifs si elle rassemble le financement nécessaire.PHOTO: Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Cependant, augmenter la contribution fiscale des entreprises comporte toutefois des limites d’attractivité économique, estime Pierre-Marcel Desjardins, professeur d’économie à l’Université de Moncton.

« Les pays qui ont augmenté le taux d’imposition pour les plus riches, ce qui s’est produit, c’est que, souvent, les sociétés vont aller ailleurs, donc on n’est pas nécessairement gagnants si on veut aller à des taux trop élevés. »