Google ne pourra pas pomper dans la Sambre pour refroidir son futur data center de Farciennes et Aiseau
Le deuxième data center de Google, qui doit être implanté sur la partie de l'Ecopôle située sur le territoire d'Aiseau-Presles, ne pourra pas être refroidie par l'eau de la Sambre. En tout cas dans l'état actuel des choses. Le ministre wallon de l'Aménagement du territoire, François Desquesnes (Les Engagés) a en effet refusé cette demande qui figurait dans une modification du permis demandé par le géant technologique américain. De quoi, au moins, contrarier ce dernier.
Après Saint-Ghislain, Google a à nouveau choisi le Hainaut pour établir un data center. L'Ecopôle, situé sur les communes de Farciennes, Aiseau-Presles et Sambreville, est l'heureux élu avec, à la clé, 400 emplois. Prévu à Farciennes, le premier data center – le plus important – est déjà construit. Son système de refroidissement est l'air. Ce qui devait aussi être le cas pour les deux autres sites.
Il y a eu cependant du changement. Le nombre de data center a été réduit à deux, l'autre implantation étant prévue sur Aiseau-Presles. Mais surtout, elle s'est ravisée pour le système de refroidissement du second, préférant l'eau de la Sambre à l'air prévu pourtant dans le permis initial. La modification du permis a été acceptée, sur base de l'avis de l'administration wallonne des voies hydrauliques. Mais le recours d'un citoyen a incité le ministre à ne pas octroyer le permis.
La raison se trouve dans les épisodes caniculaires que nous connaissons et appelés à se répéter, qui risquent de créer des tensions sur la disponibilité en eau pour le maintien des niveaux de la Sambre et du canal Charleroi-Bruxelles. Google prévoit le pompage de 600 m3 par heure, dont un quart seulement rejeté. Or, cet été, explique le ministre dans Le Soir qui a donné l'information, il a déjà fallu pomper 28 000 m3 d'eau aux lacs de l'Eau d'Heure pour maintenir les niveaux. En application du principe de précaution, le ministre a rejeté la demande de Google. Le nouveau contexte climatique qui se dessine l'incite d'ailleurs à envisager un "arbitrage des pompages" en Wallonie selon les besoins essentiels en eau.
Reste à savoir ce que fera le géant américain. Pour le ministre, toujours cité par Le Soir, Google peut en revenir au permis initial, avec un refroidissement par air pour les deux data centers. Ou encore introduire un recours au Conseil d'État contre le refus du permis décidé par le ministre Desquesnes. Le data center de Farciennes est déjà construit et n'est pas concerné par la décision. Mais quelle sera l'attitude de Google si elle persiste dans son projet de refroidissement par eau pour le data center situé sur Aiseau-Presles et que le refus de pompage de la Sambre est répété ?
Grenier pense que Google aura une solution
Dominique Grenier, le bourgmestre d'Aiseau-Presles, dit comprendre la réaction du ministre. Mais il affirme que revenir à un refroidissement par air serait difficilement envisageable : "Le data center prévu à Aiseau-Presles est dévolu à l'IA, beaucoup plus gourmande en besoin de refroidissement." Ce qui lui fait dire que Google devrait bien avoir les moyens et les compétences de capter de l'eau autrement qu'en pompant (uniquement) dans la Sambre. "Le site set en zone inondable, le terrain est vaste et pourrait collecter des eaux pluviales. Et si on pompe quand même, les 80 % de l'eau qui s'évapore pourrait peut-être être récupérée."