20 Minutes avec AFP

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Publié le 10/09/2026 à 21h59 • Mis à jour le 10/09/2026 à 21h59

Des traces pouvant correspondre à des nappes d’hydrocarbures ont été repérées près du détroit d’Ormuz, dans le golfe d’Oman, après la destruction de plusieurs pétroliers par l’armée américaine. Des images satellites récentes du programme européen Copernicus, analysées jeudi, montrent des traînées brunâtres et sinueuses à la surface de l’eau, à une vingtaine de kilomètres des côtes iraniennes.

Les clichés pris mercredi puis jeudi font apparaître des structures de longueurs similaires dans une zone proche de récifs coralliens et de sites inscrits sur la liste Ramsar des zones humides d’importance internationale. Les seules images satellites ne permettent toutefois pas d’établir avec certitude la présence d’hydrocarbures ni d’en déterminer précisément l’origine.

Tout laisse à croire qu’il s’agit bien d’hydrocarbures

Plusieurs spécialistes estiment que cette hypothèse est la plus probable. De « forts indices » suggèrent une « pollution probablement laissée par des bateaux », selon Vincent Kerbaol, responsable des activités de surveillance maritime par satellite au sein de la société française CLS. Leon Moreland, chercheur à l’Observatoire du conflit et de l’environnement (CEOBS), considère aussi que les structures visibles « sont très probablement des nappes d’hydrocarbures ».

Cette analyse repose notamment sur leur apparence, leur forme et leur dispersion, ainsi que sur l’absence d’éléments suggérant une prolifération de phytoplancton ou d’algues. L’ONG américaine Skytruth juge elle aussi probable la présence d’hydrocarbures. Leur persistance dépendrait toutefois du produit concerné : des carburants présentant « une certaine volatilité » pourraient « s’évaporer en trois ou quatre jours », selon Vincent Kerbaol, alors que du pétrole brut resterait plus longtemps dans l’environnement.

Mais le doute demeure en l’absence de preuves

Deux des traces observées débutent à proximité immédiate des dernières positions connues des pétroliers Riesco et Kylo, coulés respectivement les 8 et 5 septembre. Le 8 septembre, l’armée américaine avait annoncé avoir détruit cinq pétroliers, dont quatre dans le golfe d’Oman, en réponse à des tirs de missiles balistiques des Gardiens de la révolution iraniens contre un navire de guerre américain. Le Riesco, un pétrolier de 240 mètres, avait pris feu avant de sombrer, selon des images diffusées par l’armée américaine sur X.

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Le dernier signal disponible du Riesco sur le site de suivi maritime Marinetraffic remonte à mardi à 22 heures GMT et se situe à une extrémité de la nappe observée la plus proche des côtes. « Compte tenu de la localisation et la chronologie », le navire pourrait « probablement » être parmi une source de pollution, estime Leon Moreland. Les observations disponibles ne permettent cependant pas d’établir avec certitude un lien direct entre les pétroliers coulés et les traces détectées par satellite.