Boutade assumée ou menace concrète ? Donald Trump revendique la future prise de contrôle totale du détroit d'Ormuz face à l'Iran. En plein enlisement militaire, le président américain mise sur la dissuasion psychologique pour accentuer la pression sur un verrou pétrolier ultra-stratégique.

Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi 14 août 2026, lors d’un déplacement à Garden City (New York), qu’il déclarerait le détroit d’Ormuz "territoire des États-Unis" une fois l’Iran vaincu, sur un ton oscillant entre provocation géopolitique et boutade, rapporte l'AFP.

Une déclaration provocatrice en plein meeting

S’exprimant à l’académie de police du comté de Nassau aux côtés du procureur général Todd Blanche et du directeur du FBI Kash Patel, Donald Trump a relancé la guerre des mots avec Téhéran. "Une fois que nous aurons fini de battre l’Iran, bientôt je déclarerai le détroit d’Ormuz comme étant un territoire des États-Unis", a-t-il lancé devant son auditoire, accompagné d’un sourire selon les journalistes présents.

Cette sortie survient alors que ce goulet stratégique du Golfe persique, par lequel transite habituellement près d’un cinquième du pétrole brut mondial, demeure au cœur des tensions militaires depuis l’escalade armée de février 2026. La voie navigable fait l’objet d’un blocus réciproque depuis plusieurs mois.

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Escalade verbale et contrôle des routes maritimes

Le locataire de la Maison-Blanche revendique un contrôle militaire direct sur la zone. Début août, il affirmait sur Truth Social qu’aucun navire ne passerait sans accord préalable ou capitulation iranienne.

Téhéran conteste fermement cette mainmise. À la télévision d’État, Hossein Taeb, haut responsable des Gardiens de la révolution, a réaffirmé que le détroit restait sous gestion souveraine iranienne. Le porte-parole diplomatique Ismaïl Baghaï a pour sa part confirmé des pourparlers directs avec le sultanat d’Oman pour sécuriser un couloir maritime, tout en écartant tout dialogue direct avec Washington.

Six mois d’enlisement et droit international

Le conflit, relancé après l’échec des négociations de début d’année, a causé des dizaines de morts et immobilisé plus d’une centaine de pétroliers et cargos marchands. Face à l’enlisement opérationnel, le département du Trésor américain a durci ses sanctions économiques pour asphyxier les exportations d’hydrocarbures iraniennes.

Ni la Maison-Blanche ni le Pentagone n’ont formellement clarifié la portée de cette déclaration. Dépourvue de base en droit maritime international — le détroit étant partagé entre les eaux territoriales de l’Iran et d’Oman —, cette saillie relève de la guerre psychologique et de la stratégie de dissuasion verbale.