Guerre en Ukraine : contraint de fuir le régime de Maduro, un ancien diplomate vénézuélien combat désormais les Russes à la tête de 250 soldats
En Ukraine, l’ancien diplomate vénézuélien Jose David Chaparro dirige le bataillon Bolivar, une unité de 250 combattants latino-américains spécialisée dans les drones. Ce fervent opposant à Nicolás Maduro s’est engagé dès 2022 contre l’invasion russe. Fait rare : aucun mort n’est à déplorer dans son bataillon depuis 15 mois.
"La première règle que m’a donnée le colonel : rester en vie". À la tête du bataillon Bolivar en Ukraine, le colonel vénézuélien Jose David "Katana" Chaparro commande depuis trois ans une unité de 250 combattants étrangers spécialisés dans l’usage de drones et majoritairement originaires d’Amérique du Sud.
Sur le papier, rien ne prédestinait cet ancien diplomate né et élevé au Venezuela à devenir un des rouages de la lutte ukrainienne contre l’invasion russe. Après avoir fait ses études à Kiev, en 1989, le Vénézuélien rentre ainsi au pays et trouve du travail dans le gouvernement, comme le rappelle le Kyiv Independent. Non sans ironie, il devient entre 2001 à 2005 le consul du Venezuela à Moscou. Un poste qu’il finit par quitter, tourmenté par le fossé entre l’idéologie du gouvernement et ses propres valeurs démocratiques.
C’est en 2014 que ce fervent opposant au régime de Nicolas Maduro retrouve Kiev, après avoir été contraint de fuir son pays pour avoir participé à des manifestations antigouvernementales violemment réprimées.
Mû par un profond amour de la démocratie, il participe aux barricades d’EuroMaidan à Kiev puis, dès le début de l’invasion russe en 2022, s’engage dans la défense territoriale ukrainienne. "Je connaissais très bien l’ennemi", explique l’officier.
Aucun mort en 15 mois
Face au manque de troupes et aux très nombreuses désertions, l’armée ukrainienne a intensifié ses recrutements internationaux. Selon le Centre d’études de défense, entre 10 000 et 16 000 volontaires étrangers servent en Ukraine, dont 40 % de Sud-Américains. Dans l’espoir de combler ses problèmes d’effectif, Kiev finance désormais le voyage des recrues.
Cette stratégie suscite l’inquiétude du colonel Chaparro, qui fait face à de nouvelles recrues sans expérience militaire, attirées par des rémunérations jusqu’à quatre fois supérieures à celles de leur pays d’origine. Le commandement ukrainien assure de son côté vérifier les antécédents militaires et promet une naturalisation facilitée après le combat.
Le bataillon dispose désormais d’une gamme variée de drones, allant des drones d’attaque FPV aux drones de reconnaissance à voilure fixe. Chaparro affirme qu’aucun soldat n’a été tué au combat depuis que le bataillon s’est tourné vers les drones, il y a 15 mois.