Guerre en Ukraine : l'appartement de Dayana Yastremska détruit par un missile russe, seule une "serviette de Roland-Garros a survécu"
Une serviette de Roland-Garros, seule rescapée d'un immeuble en cendres : voilà l'image qui résume, mieux que tout discours, la guerre vécue de l'intérieur par le tennis ukrainien. Dayana Yastremska, 113e joueuse mondiale, a annoncé ce samedi sur Instagram qu'un missile russe avait détruit l'appartement de sa famille à Odessa, touché vendredi soir par un tir de croisière Kalibr.
Photos et vidéos à l'appui, la joueuse de 26 ans montre un immeuble ravagé par les flammes, des étages entiers éventrés. La guerre rattrape une nouvelle fois le circuit féminin, quelques jours à peine après que le club de padel d'Elina Svitolina a lui aussi été touché par les bombes à Kiev.
Une serviette de Roland-Garros, seule survivante des décombres dans l’appartement de Dayana Yastremska
Dans son post, Dayana Yastremska ne mâche pas ses mots : "Voilà à quoi ressemble le 'monde russe'. Un missile de croisière Kalibr a frappé directement notre immeuble. Un missile russe a détruit notre appartement à Odessa", écrit-elle. Les images qu'elle partage montrent le sommet du bâtiment léché par les flammes, des pans entiers de murs soufflés, et des décombres photographiés depuis l'intérieur de ce qui restait de l'appartement familial.
Au milieu des gravats, un objet a miraculeusement échappé au désastre : une serviette de Roland-Garros. "La seule chose qui a survécu, c'est une serviette de Roland-Garros. Symbolique. Un morceau du tennis mondial a survécu à un missile russe. Notre foyer, lui, n'a pas survécu", poursuit la joueuse, ex-21e mondiale en 2020. Le bombardement a lieu alors que la native d'Odessa poursuit sa saison sur le circuit WTA, loin de sa ville natale. Elle en a profité pour interpeller directement les instances du tennis mondial : "WTA, ITF, regardez ces images à travers nos yeux. Voilà ce que signifie réellement votre ‘neutralité', vue depuis le côté ukrainien du court."
Un sport toujours miné par la guerre, malgré la présence des Russes
Depuis le début de l'invasion russe, le 24 février 2022, les joueurs et joueuses russes et biélorusses n'ont, contrairement à d'autres disciplines, jamais été exclus du circuit, à l'exception de Wimbledon en 2022. Ils continuent de disputer les tournois sous bannière neutre, sans drapeau ni hymne, mais restent écartés des compétitions par équipes comme la Coupe Davis ou la Billie Jean King Cup. Ils avaient même pu s'aligner aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 en tant qu'athlètes neutres.
Une situation que Dayana Yastremska dénonçait déjà en mai 2022 sur BFM TV, réclamant que les sportifs russes "sortent de leur silence" et se désolidarisent publiquement du régime, sous peine de ne plus pouvoir affronter les Ukrainiennes en tournoi. Plus récemment, sa compatriote Oleksandra Oliynykova a estimé, après sa défaite au troisième tour de Roland-Garros face à la Russe Diana Shnaider, qu'il fallait "arrêter d'accepter" des joueuses qui "soutiennent leur dictateur".
Marta Kostyuk, autre Ukrainienne du circuit, avait quant à elle raconté en larmes qu'un missile avait détruit un bâtiment à 100 mètres de chez ses parents à Kiev le matin même de sa victoire au premier tour de Roland-Garros, confiant : "Je me suis dit qu'à peu de chose près, je n'aurais plus eu ni de mère, ni de soeur." Une horreur du quotidien qu'elle dit combattre à sa manière, en conférence de presse : "J'essaie toujours de faire ce que je peux, utiliser mon influence, mes déclarations, à chaque fois que je peux pour rappeler aux gens ce qu'il se passe."
Sur le même sujet
-
“Pas la force de parler…” : Didier Deschamps, sa colère face au match France-Ukraine prévu le 13 novembre
-
Guerre en Ukraine : des retraités de plus de 60 ans recrutés pour faire face à la pénurie de soldats, la décision de Volodymyr Zelensky qui indigne
-
“Un trou noir et des cendres”, cette Miss, enceinte de 9 mois, retrouve son appartement totalement détruit