Emmanuel Macron a démenti, jeudi soir, que les services français aient reçu une alerte de la CIA sur un projet d’attaque de drones russes dans le sud de la France. Lors d’une interview sur France 2 et TF1, le président de la République a assuré que l’agence américaine « n’a pas informé les services français » d’une telle menace, contrairement aux informations publiées dans des médias étrangers.

Le quotidien espagnol El Mundo affirmait pourtant ce jeudi que la CIA aurait averti plusieurs chancelleries européennes de possibles attaques russes visant la France, l’Espagne et l’Italie. Selon ces informations, Moscou pourrait utiliser des drones Gerbera d’une portée d’environ 600 km, lancés depuis des navires marchands situés à 200 ou 300 km des côtes méditerranéennes. Ports, aéroports ou autres infrastructures pourraient notamment être concernés.

Une menace existe bien, selon Macron

Si Emmanuel Macron a réfuté l’existence d’une telle alerte, il n’a pas écarté pour autant la menace. La France n’a encore jamais connu d’attaque de ce type, « mais quand vous me posez la question "est-ce que ça peut arriver ?" ma réponse est oui », a-t-il déclaré.

Le chef de l’Etat a notamment fait référence à la tentative d’attaque menée début août contre l’aéroport de Leipzig, en Allemagne, et attribuée par Berlin à la Russie. Pour Emmanuel Macron, ce risque doit être replacé dans le contexte de la guerre en Ukraine. Selon lui, Moscou considère que « l’Europe, c’est la profondeur stratégique de l’Ukraine ».

Un plan de protection en préparation

Cette question intervient quelques jours après qu’Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de « préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques » face aux attaques « hybrides » russes. Lundi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait de son côté qualifié sur BFMTV la menace liée à la « guerre hybride » russe de « réelle et documentée », jugeant « irresponsable de la minimiser ».

Notre dossier sur la Russie

Le spécialiste des risques internationaux Stéphane Audrand estime qu’une attaque depuis la Méditerranée constitue « une possibilité ». Selon lui, la Russie dispose désormais d’un écosystème de navires sous pavillons de complaisance et de drones susceptibles d’emporter « 5 à 10 kg d’explosifs, parfois un peu plus ». Ces appareils pourraient viser des installations fixes sur le littoral, même si leur détection et leur interception ne seraient pas nécessairement simples.