l'essentiel Comment le camion d'une association pro-russe a-t-il pu se retrouver sur le parking d'une base de loisirs qui accueille ce week-end l'un des festivals phares des étés dans le Tarn ? Une erreur, selon l'organisateur, alors qu'un début de polémique s'est installé sur les réseaux sociaux. Ce dernier l'affirme : "Nous ne sommes pas politisés". Voici tout ce qu'il faut savoir.

"Mais qu'est-ce que cela vient faire là ?". Sur la base de loisirs Vère-Grésigne, les fourgons et camions multiplient les allers-retours, à mesure que l'édition à venir du festival des Terres-Rouges prend forme. Dans ce ballet logistique millimétré, un camion est venu enrayer la machine. 

Le camion a été rapidement bâché et retiré dans l'après-midi.
Le camion a été rapidement bâché et retiré dans l'après-midi. DR

Vendredi dernier, la nouvelle se répand sur les réseaux sociaux. Sur le parking, une longue remorque, floquée des drapeaux français, belge, allemand et espagnol, est garée derrière des barrières. Sur son flanc, le logo d'une association revendiquant une "aide humanitaire venue d'Europe pour le Donbass". Son nom : SOS Donbass. 

Une association qui, selon son site internet, a pour objet "d'aider les habitants bombardés par l'armée ukrainienne avec les armes de l'OTAN depuis 2014". La structure, basée à Pau et fondée en 2022 par la Franco-Russe Anna Novikova, est, depuis 2023, sur le radar de la DGSI pour de possibles opérations d'ingérence russe. Des faits pour lesquels la fondatrice est actuellement mise en examen, tout comme l'actuel président, soupçonné d'intelligence avec une puissance étrangère. Des accusations que réfutent les intéressés. 

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"Dès que nous avons eu l'info, nous l'avons bâchée"

Mais alors, comment le camion de cette association s'est-il retrouvé à quelques mètres du lieu d'un festival réputé pour sa programmation éclectique ? "Nous n'étions pas du tout au courant de ce que c'était", explique Gauthier Boin, le président des Musicales de Montmiral, organisatrice du festival. 

L'organisateur détaille : "Nous avions besoin d'un local pour stocker du matériel et un bénévole nous a indiqué qu'un voisin à lui avait une remorque dont il ne se servait pas et il nous l'a prêtée". À l'intérieur, canapé, tables et autre matériel nécessaire aux bénévoles étaient entreposés. 

Face à ce début de polémique sur les réseaux sociaux, Gauthier Boin relate avoir agi au plus vite. "Dès que nous avons eu l'information sur cette association, nous avons bâché la semi dans l'heure". Durant tout le week-end, logo, drapeaux et slogans étaient occultés par de grandes bâches d'ensilage noires. Lundi dans l'après-midi, la remorque a été enlevée, laissant l'ensemble du mobilier stocké sur place.

"Nous ne sommes pas politisés !"

Une polémique qui rend amer l'organisateur, à quelques heures du festival et alors qu'une grande partie des 300 bénévoles est déjà à pied d'œuvre pour monter l'ensemble des scènes, bars et espaces d'accueil pour le week-end. "On veut politiser notre festival alors qu'il n'en est rien. En tant qu'organisateurs, le festival doit être pour le plus grand nombre. On a des bénévoles de gauche, d'autres de droite, et tout le monde travaille ensemble. La personne qui a posté le message est passée sur la base, elle aurait pu venir nous voir et nous expliquer". 

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Sans remorque désormais, le site s'apprête à accueillir pour la première fois les spectateurs pour trois jours de concerts avec Louis Bertignac et Bénabar en tête d'affiche.