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  • Mobilisation massive à Kiev pour demander le retour de l’ex-ministre de la Défense

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté vendredi à Kiev, pour demander le retour de l'ex-ministre de la Défense, le réformateur Mikhaïlo Fedorov. 

La rédaction avec AFP -

Hier à 22:46

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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté vendredi à Kiev, pour demander le retour de l'ex-ministre de la Défense, le réformateur Mikhaïlo Fedorov, limogé il y a deux semaines par le président Zelensky. Son éviction a causé une vague de manifestations qui a poussé Volodymyr Zelensky à remplacer également le commandant de l'armée, Oleksandre Syrsky, considéré comme le rival de M. Fedorov.

Vendredi soir, dans le centre de la capitale, les protestataires ont défilé en scandant le nom de l'ex-ministre de 35 ans et le mot d'ordre « Faites le revenir ! ». « Nous voulons qu'un manager efficace revienne », dit Iryna Tkatchouk, 38 ans, qui porte un carton avec le message « Est-ce que la vieille dame est sourde? » adressé visiblement à M. Zelensky. « Nous avons déjà vu des exemples de manifestations qui ont duré plus d'un mois, on peut donc y parvenir (...) Si la persévérance des gens ne faiblit pas, c'est possible », poursuit-elle.

Vendredi soir, dans le centre de la capitale, les protestataires ont défilé en scandant le nom de l'ex-ministre de 35 ans et le mot d'ordre « Faites le revenir ! ». Photo Sipa/AP/Efrem Lukatsky

Vendredi soir, dans le centre de la capitale, les protestataires ont défilé en scandant le nom de l'ex-ministre de 35 ans et le mot d'ordre « Faites le revenir ! ». Photo Sipa/AP/Efrem Lukatsky

Mykola, un manifestant de 42 ans ne donnant pas son nom, estime que « l'éviction de Fedorov n'est toujours pas claire ». « Nous voulons que le président communique », ajoute-t-il, estimant que le dialogue avec la présidence n'est pas « clos ». Lors du défilé, une alerte aérienne a retenti, mais très peu de gens ont réagi, alors même que les organisateurs avaient prévenu que l'événement serait annulé en cas d'alerte et menace de bombardements russes.

Au moins une explosion a également retenti dans la capitale, avant que l'alerte ne soit levée vers 20H30 locales. Fedorov a déclaré à plusieurs reprises qu'il ne reviendrait au gouvernement qu'en tant que ministre de la Défense. Dans une interview accordée cette semaine au média en ligne Ukrainska Pravda, il a affirmé que ses tentatives pour rendre plus transparent le système d'approvisionnement de l'armée avaient « rendu beaucoup de gens mécontents » et a estimé cela pourrait avoir contribué à son limogeage. 

« L'essentiel est de faire en sorte que l'Ukraine sorte renforcée de cette situation », a-t-il également déclaré. Nommé en janvier, il prônait un recours massif aux nouvelles technologies pour décupler le potentiel des drones et réorganiser les forces armées, tandis que le général Oleksandre Syrsky, son rival, défendait une approche plus traditionnelle. Le poste de M. Fedorov a été confié à Ievgueniï Khmara, un responsable des services de sécurité jusque là sans carrière politique.

Trump hésite à armer l'Ukraine en missiles Patriot

Parralèlement, Donald Trump a estimé que les Etats-Unis devaient faire « très attention » avant d'autoriser l'Ukraine à produire des missiles pour les systèmes américains de défense antiaérienne Patriot, comme le réclame Kiev.

« Dans le cas du président Zelensky, il aimerait avoir des Patriot et il aimerait avoir des (missiles) Tomahawk », a déclaré le président américain lors d'un conseil des ministres ouvert à la presse à la résidence présidentielle de Camp David. « Ces armes sont incroyables. Nous devons faire très attention avant de laisser quelqu'un les produire », a estimé Donald Trump. « Vous donnez cette technologie, et un jour, ils peuvent se retourner contre vous », a-t-il mis en garde.

En visite mardi à Washington, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait affirmé avoir « discuté de licences pour la production d'intercepteurs Patriot » avec Donald Trump durant leur entretien à huis clos à la Maison Blanche.

Mais Donald Trump a déclaré jeudi au Financial Times qu'il n'était « pas sûr » d'accorder son feu vert à Kiev. « Nous n'avons pas donné notre accord. Nous en discutons », a-t-il affirmé vendredi en conseil des ministres. La défense contre les missiles balistiques, particulièrement difficiles à intercepter, est la « priorité absolue » pour Kiev, au moment où la Russie intensifie ses frappes sur l'Ukraine. Seuls les systèmes américains Patriot sont capables de les abattre, mais l'Ukraine manque cruellement des missiles intercepteurs PAC-3.

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