La Vierge au buisson de roses est de retour à la maison, après avoir été sous les feux des projecteurs pendant quatre mois au musée du Louvre. Star de l’exposition parisienne consacrée à Martin Schongauer, ce trésor jusqu’alors jalousement gardé à l’église des Dominicains de Colmar, a connu une mise en lumière assez inattendue. Si les chiffres de fréquentation ne sont pas encore officiels pour l’exposition Martin Schongauer Le bel immortel qui s’est achevée le 20 juillet, on sait déjà que le cap des 300 000 visiteurs a été largement dépassé. « Les catalogues de l’expo sont en rupture de stock, les 3 500 exemplaires ont été vendus, confie Pantxika De Paepe, l’ancienne directrice du musée Unterlinden, co-commissaire de l’exposition. Il y a eu des pages entières dans la presse nationale, et on a vu des gens rester très longtemps devant les œuvres, se laissant totalement absorber par elles. »

La Vierge au buisson de roses, de retour du Louvre, a été déballée vendredi matin 24 juillet à l’église des Dominicains pour être réinstallée sur le retable après les constats d’usage sur son état.  Photo Hervé Kielwasser
La Vierge au buisson de roses, de retour du Louvre, a été déballée vendredi matin 24 juillet à l’église des Dominicains pour être réinstallée sur le retable après les constats d’usage sur son état.  Photo Hervé Kielwasser

Les visiteurs se pressent déjà à Colmar

De retour depuis jeudi soir à Colmar, la Vierge a retrouvé sa place dans le retable de l’église des Dominicains vendredi matin très tôt, après une nuit passée à s’acclimater à la température et l’hygrométrie du lieu. C’est la menuiserie Stoebner qui était chargée de la réinstaller. « Nous l’avions déjà décrochée à son départ , explique le patron Jérôme Roess. On a préparé le support de réception, le tableau repose sur des cales, selon les recommandations du restaurateur Jonathan Graindorge Lamour, pour laisser le bois respirer. »

  • La Vierge au buisson de roses de retour dans l’église des Dominicains de Colmar a été déballée vendredi matin. Photo Hervé Kielwasser

    La Vierge au buisson de roses de retour dans l’église des Dominicains de Colmar a été déballée vendredi matin. Photo Hervé Kielwasser

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  • Marc Gerrer, président du conseil de fabrique et Pantxika De Paepe, pour un dernier moment au plus près de l’œuvre.   Photo Hervé Kielwasser

    Marc Gerrer, président du conseil de fabrique et Pantxika De Paepe, pour un dernier moment au plus près de l’œuvre.   Photo Hervé Kielwasser

  • L’occasion rêvée de découvrir certains détails de l’œuvre.   Photo Hervé Kielwasser

    L’occasion rêvée de découvrir certains détails de l’œuvre.   Photo Hervé Kielwasser

  • Le jardin clos de l’âme rhénane.   Photo Hervé Kielwasser

    Le jardin clos de l’âme rhénane.   Photo Hervé Kielwasser

  • L’entreprise de menuiserie-ébénisterie Stoebner d’Horbourg-Wihr était chargée de la replacer sur son support.   Photo Hervé Kielwasser

    L’entreprise de menuiserie-ébénisterie Stoebner d’Horbourg-Wihr était chargée de la replacer sur son support.   Photo Hervé Kielwasser

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  • Des ouvriers au plus près d’une œuvre qu’ils avaient découverte sur les bancs de l’école il y a quelques années.   Photo Hervé Kielwasser

    Des ouvriers au plus près d’une œuvre qu’ils avaient découverte sur les bancs de l’école il y a quelques années.   Photo Hervé Kielwasser

  • Quand la Vierge retrouve sa place.   Photo Hervé Kielwasser

    Quand la Vierge retrouve sa place.   Photo Hervé Kielwasser

  • Un moment d’émotion et de précision.   Photo Hervé Kielwasser

    Un moment d’émotion et de précision.   Photo Hervé Kielwasser

  • Un échafaudage a été nécessaire pour réinstaller l’œuvre.   Photo Hervé Kielwasser

    Un échafaudage a été nécessaire pour réinstaller l’œuvre.   Photo Hervé Kielwasser

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  • Et l’église des Dominicains retrouva son trésor.   Photo Hervé Kielwasser

    Et l’église des Dominicains retrouva son trésor.   Photo Hervé Kielwasser

  • Les Colmariens, dont certains ont découvert le tableau dans son écrin du Louvre, pourront désormais venir le voir tous les jours à l’église des Dominicains.   Photo Hervé Kielwasser

    Les Colmariens, dont certains ont découvert le tableau dans son écrin du Louvre, pourront désormais venir le voir tous les jours à l’église des Dominicains.   Photo Hervé Kielwasser

Avant que l’œuvre ne rejoigne les hauteurs célestes de son retable, Pantxika de Paepe a profité de ses derniers instants en tête à tête avec cette icône, qu’elle ne finira jamais d’admirer. « Cette petite main dans les cheveux, c’est superbe. Tous les gestes de tendresse, il sait y faire quand même ! » “Il”, c’est Martin Schongauer bien sûr, qu’elle étudie depuis des années, sans avoir jamais percé son mystère, mais qu’elle a contribué à faire connaître par-delà l’Alsace.

Et étrangement, La Vierge au buisson de rose , en s’éloignant, semble s’être rapprochée du cœur des Colmariens. Hier, dès 15 h, les visiteurs se pressaient pour l’admirer dans l’église des Dominicains. « On verra si c’est quelque chose de durable, c’est ce que tout le monde prédit en tout cas !, se réjouit le président du conseil de fabrique Marc Gerrer. Jusqu’ici le tableau attirait 70 000 personnes par an environ. »

Les Colmariens pourront désormais venir la (re)découvrir tous les jours - sauf le lundi et le mercredi matin - à l’église des Dominicains, sur la place du même nom, de 10 h à 13 h et de 15 h à 18 h, moyennant une contribution de 3 €. Elle sera aussi au cœur des messes du 15 août, rehaussées par un accompagnement musical.